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Magistrat délégué à l’équipement, Sandra Desjardin dévoile les dessous d’un déménagement devenu vital pour le Tribunal judiciaire de Toulouse. Interview.
C’est parti pour quinze jours de cartons ! À partir de ce jeudi 16 avril, les services civils quittent le site historique du palais de justice pour rejoindre celui de Deville, près de la fac de droit. Secrétaire général de la première présidence et magistrat délégué à l’équipement, Sandra Desjardin évoque l’aboutissement de ce projet.
Comment appréhendez-vous ce déménagement ?
« C’est l’aboutissement d’un long projet. Le site de Deville est un ancien hôtel particulier en forme de H qui avait été saucissonné. Nous avons racheté une aile à la Banque de France et mené dix-huit mois de travaux. Sur un même site seront désormais regroupés le conseil des prud’hommes et cette annexe du tribunal judiciaire ».
Pourquoi cette mesure devenait-elle urgente ?
« Le tribunal judiciaire fait face à une demande croissante des justiciables. La population toulousaine a énormément grossi, comme celle de la Haute-Garonne, d’ailleurs, et les locaux des allées Jules-Guesde étaient devenus trop exigus pour les deux juridictions qui les partagent (cour d’appel et TJ de Toulouse, N.D.L.R.) et dont l’activité est assez soutenue ».

La justice à Toulouse.
DDM – ANTOINE LLOP
« Pour faire face à ce surcroît d’activité, les chefs de cour ont obtenu des créations de postes de magistrats, de fonctionnaires de greffe et de contractuels. La contrepartie, ce sont des problèmes de bureaux et de salles d’audience. Sur le nouveau site, nous avons notamment créé deux nouvelles salles d’audience civiles flambant neuves ».
Qu’est-ce que ce déménagement change pour le justiciable ?
« Deville nous permet de répondre aux besoins en mètres carrés mais aussi à ceux de proximité du justiciable, car tous les sites judiciaires toulousains restent concentrés en centre-ville, sans migrer en périphérie, comme à Lille par exemple. Entre le palais de justice et Deville, il y a vingt minutes à pied. Ce déménagement des services civils est un projet structurant pour le TJ de Toulouse. Quant au barreau, nous avons essayé là aussi d’anticiper les difficultés, en organisant des réunions en amont. Tout n’est pas idéal, c’est une contrainte pour certains, mais cela nous permet de garder un accès facilité au palais pour le justiciable ».