Par
Jade Lacroix
Publié le
16 avr. 2026 à 7h46
Retards, vols manqués, passagers sur le carreau… C’est ce qu’a entraîné la mise en service complète en fin de semaine dernière du nouveau système d’entrée-sortie (EES) dans l’Union européenne. Ce système, désormais en vigueur dans 29 pays européens, dont la France, a provoqué une telle pagaille dans les aéroports qu’il laisse craindre d’autres complications, notamment pour la période plus chargée des vacances estivales.
C’est quoi ce système ?
Se substituant aux tampons manuels, ce nouveau système permet d’enregistrer les coordonnées et les données biométriques des voyageurs concernés, tout comme leurs dates d’entrée et de sortie, afin de suivre les dépassements de séjour et les refus d’entrée.
Il concerne les ressortissants des pays tiers, c’est-à-dire n’ayant pas la nationalité d’un des 27 pays de l’UE ou celle de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège ou de la Suisse, détaille le site officiel de l’Union européenne, consacré aux voyages.
Il s’applique dans le cas de courts séjours (d’une durée maximale de 90 jours), et il combine inscription en ligne et kiosque numérique de préenregistrement en self-service, avant un passage devant la police.
Ce nouveau système est censé rendre les contrôles plus modernes et plus rapides, prévenir l’immigration irrégulière et renforcer la sécurité dans l’UE, selon la Commission européene. « Depuis son introduction, plus de 52 millions d’entrées et de sorties ont été enregistrées, avec plus de 27 000 refus d’entrée », a d’ailleurs précisé l’organisme européen.
Retards et vols manqués pour le premier week-end d’application
Toujours d’après la Commission européenne, avec ce nouveau système, « l’enregistrement d’un voyageur ne prend en moyenne que 70 secondes, ce qui est un délai très court ». Pourtant, l’EES a entraîné des situations de pagaille dans les aéroports européens.
Les élections municipales 2026
Suivez toutes les actualités des municipales 2026 dans une seule newsletter.
Ainsi, à l’aéroport de Milan ce dimanche, un vol EasyJet à destination de Manchester est parti en laissant sur le carreau… 122 passagers, rapporte le média britannique The Independant. En cause : la lenteur des contrôles biométriques qui n’a pas permis aux passagers d’embarquer à temps. Une famille a même dû débourser plus de 1800 euros pour avoir un nouveau vol qui l’a fait arriver 24 h plus tard.
Le Conseil international des aéroports (ACI), la principale organisation professionnelle fédérant les sociétés aéroportuaires mondiales, a appelé dans un communiqué à être « plus flexible » quant à l’application de ce système, « alors que le premier jour de mise en place a été marqué par des dysfonctionnements, des retards et des vols manqués ».
Jusqu’à quatre heures d’attente
ACI indique qu’elle a alerté depuis de nombreuses semaines sur ses difficultés, maintenant devenues « une réalité ». Les remontées de différents aéroports feraient même état « d’un temps d’attente des passagers de 2 à 3 heures au contrôle aux frontières de l’aéroport pendant les périodes de pointe », selon l’organisation.
Le patron de la compagnie Ryanair a lui déclaré que ce système provoquait des files d’attente allant jusqu’à quatre heures dans certains aéroports, le qualifiant de « fiasco total et de punition infligée au Brexit », rapporte The Guardian.
Des retards qualifiés également « d’échec du système » par Airlines for Europe (A4E), la plus grande association de compagnies aériennes de l’Union européenne, qui dénonce aussi les vols manqués et les retards dans un post sur LinkedIn.
Dans un seul exemple parmi de nombreux incidents, aucun passager n’était à bord à l’heure de fermeture de la porte. Après avoir attendu 90 minutes, 12 passagers n’ont toujours pas été embarqués.
Airlines for Europe
Selon A4E, « la seule solution possible est que la Commission européenne autorise la suspension totale ou partielle de l’EES jusqu’à la fin de l’été si nécessaire ».
Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.