« C’était un souhait de restaurateurs, d’artisans, de jeunes ou de femmes et un engagement que nous tenons », confirme Véronique Juramy, l’adjointe au maire chargée de la transition écologique, la rénovation des bâtiments communaux, la gestion du patrimoine foncier et immobilier, et donc de l’éclairage public.

Objectivement, ce n’était pas la promesse la plus compliquée à mettre en place. Tout n’était pas éteint tout le temps sous la mandature de Pierre Hurmic. Face au mécontentement populaire notamment exprimé lors d’un conseil de quartier à l’hôtel de ville le 8 janvier 2025, la précédente équipe municipale écologiste avait revu son système « Bordeaux nuit étoilée ».

Une partie de la ville était allumée

Mise en place en février 2024, cette opération avait éteint 57 % des lampadaires et autres sources lumineuses entre 1 heure et 5 heures du matin, dans un souci de sobriété énergétique. Avec la contestation, la lumière n’était éteinte qu’après 2 h 30, avec la remise en place de l’éclairage toute la nuit, déjà, sur les grands axes de la ville.

Contrairement à ce qu’en plaisantait Thomas Cazenave lors du débat d’entre deux tours sur TV7 – « j’imagine qu’il y a un compteur quelque part, donc j’irai et je rallumerai » – tout n’a pas été aussi simple, encore moins pour la place de la Bourse toujours dans le noir (1). « Nous avons dû changer les réglages de 350 des 500 armoires électriques – beaucoup sont souterrains – qui pilotent les 32 000 points lumineux de la ville », détaille Patrick Malischewski, le responsable du service de l’éclairage public et des équipements connectés.

L’adjointe à la transition écologique Véronique Juramy devant un boîtier de réglage d’une armoire électrique du quartier Mériadeck, avec Patrick Malischewski, responsable du service de l’éclairage public.

L’adjointe à la transition écologique Véronique Juramy devant un boîtier de réglage d’une armoire électrique du quartier Mériadeck, avec Patrick Malischewski, responsable du service de l’éclairage public.

Photo F. L. / SO

La manipulation : une simple clé USB connectée au tableau électrique pour adapter les heures d’éclairage, en fonction, aussi, des heures de lever et de coucher du soleil. Une intervention plus lourde a parfois été nécessaire pour les armoires électriques dites « déphasées », quand elles devaient piloter à la fois des rues éteintes et d’autres allumées toute la nuit – chacune pilote de 60 à 100 luminaires.

La beauté des LED

Le tout allumé représente une augmentation de 17 % de la consommation électrique de la ville selon Véronique Juramy. Dans son intervention devant la presse, Thomas Cazenave a expliqué qu’elle serait compensée, à terme et en grande partie, par les économies effectuées grâce au passage aux ampoules LED, moins gourmandes en énergie. Toujours selon les estimations de l’adjointe au maire chargée de l’éclairage public, « la consommation sera rentabilisée en trois ans, en accélérant le passage au LED ».

C’était une autre annonce du nouveau maire, le 9 avril : la multiplication par trois du rythme de remplacements, « de 700 à 2 000 par an ». En réalité, ce rythme de croisière a déjà été atteint en 2026. Pour l’accélérer encore, la Ville devra faire appel à des entreprises extérieures et donc des moyens supplémentaires. En attendant, la nouvelle municipalité estime pouvoir atteindre la mise aux nouvelles normes en 2032 contre 2036 selon le précédent plan.

« C’était un souhait de restaurateurs, d’artisans, de jeunes ou de femmes et un engagement que nous tenons »

« Nous devons entreprendre un travail de fond pour mettre à jour le schéma directeur de l’éclairage public (qui date de 1996) », explique Véronique Juramy. Techniquement, c’est plus fastidieux que le simple réglage d’une armoire électrique. C’est presque du cas par cas selon Patrick Malischewski. « Parfois, il faut installer un plateau à l’intérieur pour le LED, d’autres fois, il faut changer le haut du lampadaire. »

Pour répondre à l’interdiction de commercialisation des lampes à décharge à partir de février 2027, la solution dite du « retro fit », pour adapter les nouvelles ampoules aux anciens systèmes pourra être utilisé. Des solutions de modulation de l’éclairage selon les endroits de la ville, à distance, continuent d’être à l’étude.

L’éclairage nocturne pose aussi la question du respect de la biodiversité. L’arrêté du 27 décembre 2018 relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses en application des lois Grenelle 1 et 2 en pose les normes comme l’interdiction d’utiliser de la lumière bleue, d’éclairer l’eau ou les parterres végétaux.

Là encore, une action de long terme.