Alors que la loi sur la restitution des biens culturels, adoptée par le Sénat puis l’Assemblée nationale, doit encore être finalisée, Katia Kukawka, directrice-adjointe du musée d’Aquitaine, en décrypte les effets concrets. Procédures, recherches de provenance, limites du texte : au cœur des collections bordelaises, l’enquête s’organise désormais dans un cadre inédit.
Walid Salem
Publié le 16 avril 2026 ·
Imprimé le 16 avril 2026 à 10h26 ·
6 minutes
Adoptée par le Sénat le 28 janvier 2026 puis par l’Assemblée nationale le 13 avril 2026, la loi-cadre sur la restitution des biens culturels marque une nouvelle étape dans la politique patrimoniale française. Le texte doit désormais faire l’objet d’une commission mixte paritaire chargée d’aboutir à une version commune entre les deux chambres. En cas d’accord, le texte sera définitivement adopté ; à défaut, il repartira en nouvelle lecture devant le Parlement.
Attendue depuis plusieurs années, cette loi vise à faciliter le retour d’œuvres conservées dans les collections publiques françaises vers les États qui en ont été privés, notamment dans des contextes d’acquisitions jugées illicites, souvent liées à l’histoire coloniale.
Jusqu’ici, chaque restitution nécessitait une loi spécifique votée au cas par cas, en raison du principe d’inaliénabilité des collections publiques. Le nouveau texte introduit un mécanisme général permettant de déroger à ce principe et d’organiser, par voie administrative, la sortie du domaine public de certains biens culturels afin de les restituer à leur pays d’origine.
Encadrée par des commissions scientifiques et des procédures précises, cette loi entend à la fois accélérer les restitutions et renforcer les exigences en matière de recherche de provenance. Elle s’inscrit dans un contexte de demandes croissantes de la part de plusieurs États, et dans un débat toujours sensible sur les conditions d’acquisition des collections européennes.
Pour connaître l’application concrète de cette loi, Rue89 Bordeaux s’est entretenu avec Katia Kukawka. La directrice-adjointe du musée d’Aquitaine est engagée dans des travaux de recherche de provenance à l’échelle régionale à travers le projet ANADA (Afriques-Nouvelle-Aquitaine : décolonisation des arts).
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