A l’est, le long du tramway, l’avenue de la République propose boulangeries, snacks, prêt-à-porter… Pourtant, les passants s’y attardent de moins en moins. Comment expliquer cette très nette baisse de forme ? Commerçants et riverains livrent leurs impressions.
FAITES-VOUS ENTENDRE – « Ça a beaucoup changé, et pas en bien », confie Maxime depuis son kiosque à journaux, place Pellegrini. Le jeune homme travaille et habite près de l’avenue depuis plusieurs années et observe ces évolutions aux premières loges. Bien qu’elle soit animée par les commerces, « c’est rare que des magasins tiennent longtemps ici » remarque-t-il.
Photo : Célia Soddu / Nice-Presse
« Beaucoup de clients me disent que c’était plus attractif avant, raconte Olivia qui vient d’ouvrir sa boutique de cookies. Surtout quand il n’y avait pas le tramway, selon eux. Donc il y a bien longtemps !» Elle, au contraire, y voit un atout, notamment à l’approche de l’été. « Mais c’est vrai que l’offre reste limitée. On pourrait espérer plus d’épiceries sur un axe aussi fréquenté ».
Photo : Célia Soddu / Nice-Presse
« Aucune identité locale »
Mais ceux qui soufflent le plus sont les « survivants » de tous ces départs. Pour eux, le point noir, ce sont « les fast-foods, beaucoup trop nombreux » regrette Maxime. « Ce n’est que de la malbouffe », juge Céline qui vend des glaces. « Et les affaires autour sont bas de gamme pour la plupart ». Quitte à tirer vers le bas tout le secteur ?
La déception gagne aussi les habitants du quartier de Riquier. Liloo, qui vit ici depuis trente ans, rêverait d’ « une boucherie ou une poissonnerie ». « Je sais qu’il y a le Carrefour TNL pas loin, mais je n’ai pas envie d’aller jusque-là alors qu’on a le potentiel d’avoir plein d’affaires niçoises et variées ».
Photo : Célia Soddu / Nice-Presse
Une autre se désole des enseignes « qui n’ont plus aucune identité locale. Les gérants comme les offres n’ont plus rien à voir avec le quartier ».
« On a beaucoup de vols »
Ce déclin s’accompagnerait d’un sentiment d’insécurité. « Ce n’est plus du tout la même ambiance, témoigne une riveraine. Je suis moins rassurée quand je passe par ici ». « Entre les snacks et les commerces qui ferment après minuit, il y a de plus en plus de bandes qui traînent, observe Maxime. Moi-même, je suis moins à l’aise quand je suis dans la rue ».
Photo : Célia Soddu / Nice-Presse
Photo : Célia Soddu / Nice-Presse
Autre constat, les sans abri seraient plus nombreux. « Et ils sont agressifs parfois, soupire le vendeur. On les entend crier ou mettre de la musique. C’est sûr que ça ne donne pas envie de rester non plus ». « Nous on a beaucoup de vols, déclare le patron du Utile. J’ai un autre magasin rue de France, la différence est flagrante. C’est moins bien fréquenté ici ».