Près d’un an après la mort de Lorène, 15 ans, tuée par un élève de son lycée à Nantes, « rien n’a changé » face au manque « alarmant » de moyens et de structures d’accueil en pédopsychiatrie, regrettent ses parents dans un communiqué.
« Si nous choisissons de briser le silence par ce message, c’est uniquement pour attirer l’attention sur une réalité tragique que personne ne peut plus ignorer. L’attaque au couteau survenue la semaine dernière au lycée d’Ancenis (Loire-Atlantique, NDLR) vient cruellement rappeler que rien n’a changé », écrivent Béatrice et Yohann Gourmaud.
L’échec d’un système qui n’a pas tiré de leçons
Vendredi, une adolescente de 15 ans a été agressée au couteau par un élève du même âge dans un lycée d’Ancenis, entre Nantes et Angers. Le suspect, mis en examen pour tentative d’assassinat, présentait des « fragilités » psychologiques, selon le parquet.
« Chaque nouvelle attaque est pour nous un nouveau traumatisme, car elle souligne l’échec d’un système qui n’a pas tiré les leçons du massacre de notre fille », écrivent les parents de Lorène.
Le 24 avril 2025, un adolescent de 16 ans, masqué et muni d’un couteau de chasse, avait tué Lorène, 15 ans, en la frappant de 57 coups de couteau dans une salle du groupe scolaire de Notre-Dame-de-Toutes-Aides. Il avait blessé trois autres adolescents âgés de 15 à 16 ans. Placé en psychiatrie après les faits, le mis en cause était toujours hospitalisé dans un « établissement sécurisé » en janvier au moment de sa mise en examen pour assassinat.
Manque de moyens, de lits…
« En Loire-Atlantique, comme partout en France, le manque de moyens, de lits et de structures de prise en charge pour les jeunes en dérive psychiatrique est alarmant », ajoutent les parents de Lorène, qui ont lancé en septembre une association baptisée Effervescence Jeunes visant à élaborer et financer des projets de prévention autour de la santé mentale.
La Fédération hospitalière de France a alerté mercredi sur des difficultés d’accès aux soins « massives » pour les jeunes concernés par des problèmes de santé mentale en 2026. Plusieurs agressions au couteau ont eu lieu ces derniers mois dans des établissements scolaires, visant des élèves, des enseignants et une surveillante. Environ 525 armes blanches y ont été saisies entre mars et décembre 2025.