Face à la multiplication des incursions de sangliers en pleine ville, une battue administrative a été menée dimanche 12 avril à Montpellier et Juvignac. Une opération d’ampleur qui intervient dans un contexte de tensions croissantes avec les habitants, excédés par les dégâts et les risques liés à cette présence animale.

Pelouses labourées, poubelles éventrées, déambulation dans les quartiers des villes… à Montpellier, les sangliers ne se contentent plus des garrigues. Ils s’invitent désormais dans les quartiers résidentiels, au grand dam des habitants. Une présence devenue si fréquente qu’elle alimente un sentiment d’insécurité et d’exaspération croissante.

Récemment, un habitant du nord de Montpellier avait écrit au maire Michaël Delafosse un courrier où il tirait la sonnette d’alarme : « La décision de laisser la prolifération incontrôlée des sangliers met en danger les personnes, les animaux de compagnie et oblige à réparer les dégâts causés par ces animaux ». Le riverain « excédé » rappelait qu’une « cage avait été mise en place ayant permis de capturer 242 individus en 2 ans », avant d’être retirée. Une décision jugée incompréhensible.

62 chasseurs et 17 piqueurs

Il y a trois semaines, trois sangliers avaient été aperçus au matin devant l’école Mitterrand, dans le quartier de Malbosc. Une scène spectaculaire, devenue de plus en plus fréquente en ville, qui relançait les questions sur la cohabitation entre habitants et faune sauvage.

Face à cette pression grandissante, les services de l’État ont organisé une battue administrative dimanche 12 avril 2026. Menée sur les communes de Montpellier et de Juvignac, elle a ciblé plusieurs secteurs sensibles : le lac des Garrigues, le Martinet, les Hauts de Massane et la Paillade.

Objectif : réguler une population devenue trop importante aux abords des habitations et des axes routiers. Car au-delà des dégâts matériels, les incursions répétées posent aussi des problèmes de sécurité, notamment en matière de circulation et de tranquillité publique.

Au total, 29 sangliers ont été abattus lors de cette opération d’envergure. Sur le terrain, un chef de battue, 62 chasseurs et 17 piqueurs avec leurs chiens ont été mobilisés, avec l’appui des forces de l’ordre pour sécuriser le périmètre.

Les sangliers peuvent facilement se cacher en ville

Selon les autorités, ce phénomène s’explique notamment par la facilité d’accès à la nourriture en ville et par les corridors écologiques qui permettent aux animaux de s’y infiltrer. Une fois installés, les sangliers se déplacent peu, trouvant en milieu urbain de quoi se nourrir et se cacher durablement.

Malgré les opérations de régulation déjà menées, la situation reste tendue dans plusieurs quartiers. Les services de l’État assurent poursuivre leur mobilisation aux côtés des acteurs locaux pour limiter l’expansion de ces animaux, dont la présence continue de peser sur le quotidien des riverains.