La course à l’arnaque est terminée pour le VTC de la honte. Ce chauffeur âgé de 30 ans a été placé en garde à vue pour escroquerie mercredi au commissariat du IXe. Cet habitant de Domont (Val-d’Oise) est soupçonné d’avoir arnaqué une dizaine de personnes âgées dans la capitale. Les victimes sont principalement des Parisiennes en situation de vulnérabilité. Le préjudice total serait de 15 000 euros.
Le petit business de cet artisan s’effondre à la mi-février. Une Parisienne commande un VTC en passant par une plate-forme de mise en relation téléphonique. La course est banale : un trajet entre deux endroits de la capitale. Tout se passe bien jusqu’au moment où il faut régler la course. Sur le compteur, elle est censée coûter 27 euros. La cliente sort sa carte bancaire pour payer. C’est le moment que choisit le chauffeur pour détourner son attention.
Identifié grâce à la plaque d’immatriculation
Que lui dit-il précisément ? On ne sait pas. Sur le coup, la victime ne s’aperçoit de rien. Mais ce n’est pas non plus un perdreau de l’année. Elle vérifie donc un peu plus tard sur son compte en banque qu’elle a bien payé sa course 27 euros. Eh bien non. Pour ces quelques kilomètres, elle a déboursé… 700 euros.
La victime dépose plainte au commissariat du IXe. La brigade des enquêtes d’initiative (BEI) prend les choses en main. Première étape : identifier le chauffeur. Comme la cliente a alerté la police rapidement, les images de vidéoprotection de la Ville de Paris sont toujours disponibles. On retrouve la voiture, on scrute sa plaque, on obtient un nom et même la photo du permis de conduire. La Parisienne reconnaît son chauffeur VTC. Faut-il l’interpeller sur-le-champ ? La BEI fait un autre choix.
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ÉcouterL’une des victimes aurait payé sa course plusieurs milliers d’euros
Car les enquêteurs sont convaincus que l’escroc est coutumier du fait. Ils criblent alors ses trois lignes téléphoniques. L’intérêt ? Retrouver les numéros de ses clients. Et pendant des jours, les fonctionnaires les appellent pour vérifier qu’ils n’ont pas été arnaqués.
Dix victimes supplémentaires se signalent. Parmi elles, sept personnes âgées de 74 à 95 ans. Toujours selon nos informations, près de la moitié de ces clients arnaqués avaient indiqué comme adresse de destination un hôpital ou une clinique. Du reste, deux des victimes, particulièrement vulnérables, ont fini par confier aux enquêteurs que le chauffeur avait essayé de subtiliser leur carte bancaire en la remplaçant par une autre ou en la gardant. Enfin, au milieu de « tous ces montants exorbitants », l’une de ces victimes aurait payé sa course plusieurs milliers d’euros.
Le suspect a été interpellé à son domicile du Val-d’Oise mercredi matin. On ignorait ce jeudi s’il reconnaissait ou pas en garde à vue les faits qui lui étaient reprochés.