On y allait par curiosité, intrigués par ces quatre pointes surgissant à l’horizon depuis l’A8, comme un mirage planté aux portes de Nice. Et puis, sous le chapiteau de l’Illusions Tour, installé au MIN, ça s’est vite mué en étonnement continu, ce mercredi après-midi.

« L’impossible prend forme… », promet le Monsieur loyal de ce spectacle. Sous un chapiteau bien rempli, chauffé autant par les 25 degrés dehors que par l’excitation dedans, le spectacle, premier d’une série de 22 représentations niçoises, tient parole.

Fumée, musique tonitruante, sequins à foison  : les codes du cirque sont là, mais l’illusion mène la danse. Elle nous entraîne sans ménagement dans son vertige.

Un hélicoptère sur scène  !

Pendant deux heures, difficile de décrocher. À 360 degrés autour de la scène, les spectateurs, souvent bien jeunes, tentent de percer les mystères. En vain. « Je crois que j’ai compris le truc », chuchote une fillette à sa grand-mère. Quelques secondes plus tard, un hélicoptère surgit d’une cage que l’on jurait vide. Rideau.

Sur l’air de Pop-corn salé de la Niçoise Santa, l’illusionniste Eric Lee fait voltiger son piano.

Sur l’air de Pop-corn salé de la Niçoise Santa, l’illusionniste Eric Lee fait voltiger son piano.
Dylan Meiffret / Nice-matin

L’illusionniste Eric Lee, magicien passé par des grandes scènes internationales enchaîne les effets et s’offre même un envol au piano, suspendu dans les airs comme une note trop haute pour retomber, sur l’air de Pop-corn salé de la Niçoise Santa, qui, dont l’instrument vole aussi, mais hissé par une grue.

Monsieur Wahou et ses tours foufous.

Monsieur Wahou et ses tours foufous.
Dylan Meiffret / Nice-matin

Autour de lui, une galerie d’artistes compose aussi ce spectacle kaléidoscope. Alessia Macaggi danse dans les airs, à plusieurs mètres du sol, dans un numéro aérien suspendu au silence. Glenn, lui, défie l’équilibre sur ses monocycles fous. Il y a Monsieur Wahou, « magicien de la Creuse », qui distille ses « petits secrets » avec humour, faisant lever une forêt de mains enfantines pour tirer une carte. Et puis, le duo suisse Extravaganza, dont le numéro de quick change fascine, avec leur garde-robe bigarrée à faire pâlir d’envie Carrie Bradshaw.

Le duo Extravaganza, maître en quick change.

Le duo Extravaganza, maître en quick change.
Dylan Meiffret / Nice-matin

Pur divertissement familial

Sur fond de Lady Gaga, Fergie, Barbara Pravi ou d’autres morceaux plus tapageurs (on leur a préféré la douceur), les tableaux s’enchaînent sans temps mort  : mini cage d’où surgissent six danseuses impeccables, même pas froissées, numéros de scies et de feu, disparitions millimétrées.

Eric Lee entre en scène.

Eric Lee entre en scène.
Dylan Meiffret / Nice-matin

Né en 2024, ce spectacle itinérant nécessite 14 convois pour aller de ville en ville et 36 heures de montage par une petite armée de techniciens. Il revendique son statut de « plus grand show de magie d’Europe ». À Nice, il coche en tout cas toutes les cases du divertissement familial  : spectaculaire sans être flippant pour un sou, rythmé, joyeux, généreux.Et pendant deux heures, on n’a vu aucune paire d’yeux petits ou grands plongés dans un smartphone. Bluffant  !

Recruté au Kenya dans une école circassienne, le duo COACH, formé par un père (porteur) et son fils (voltigeur), a bluffé les spectateurs avec ce numéro.

On en ressort avec cette sensation un peu rare  : celle de ne pas tout comprendre, et d’aimer ça. Un luxe, presque, à l’heure où tout s’explique. Ici, non. Et c’est précisément pour cela qu’on y était.

Illusions tour. MIN D’Azur, Marché Gare, Accès porte B, 19 Boulevard du Mercantour à Nice. Jusqu’au 26 avril. Du mardi au samedi à 15 h 30 et 19 h 30, dimanche à 11 h et 15 h. De 14 à 56 euros. Rens.www.illusions-tour.com