Elles partagent le même contexte, le même enthousiasme, la même (grande) taille aussi, mais ces deux photos ont tout pour jouer les contraires. L’une, posée, frontale, exhibe un touriste surpris dans un décor multicolore de cartes postales (au sens propre, devant les colonnes de cartes souvenirs d’une échoppe parisienne !). Il croise l’objectif de derrière ses lunettes gadgets arborant anneaux et mascotte des JO.

La seconde, captée dans une spectaculaire gerbe de noir et blanc, transcende un joueur de water-polo qui s’arrache aux eaux en un mouvement d’une puissance explosive, alors qu’un ballon fuse vers lui.

L’une est signée Romain Campet, l’autre Philippe Frétault. Deux facettes d’une même discipline : la photo de sport.

Car telle est la nature de la Biennale Starting blocks NCY : « Une sélection rigoureuse d’œuvres réalisées par des photographes professionnels et amateurs, nationaux et internationaux, ayant documenté les grands événements du sport. »

Surf sur piste… d’athlé !

En l’occurrence, « l’événement » était tout trouvé en cette année 2026 : les Jeux olympiques. À savoir ceux que la première édition n’avait pas pu célébrer, au printemps 2024, les JO de Paris étant lancés deux mois plus tard.

Le « sentiment olympique » a donc dû attendre deux ans pour s’exprimer en quelque 70 clichés aux murs de la Galerie Poirel à l’issue d’un appel à candidatures.

Au total 11 photographes professionnels signent cette série d’images, soit passées par une sélection de jurés, soit sur invitation de l’organisateur, à savoir le Nouvel Observatoire photographique du Grand Est.

Photographes auxquels s’ajoutent une quinzaine d’amateurs qui, chacun, a vu une de ses photos retenue.

De quoi transmettre autant la ferveur que l’énergie, la grâce que la drôlerie, parfois même la magie d’un geste furtif. Bref, la beauté du sport dans toutes ses acceptions. Avec quelques approches décalées en prime…

Gwenvaël Engel s’amuse ainsi à camper les sportifs dans des architectures inattendues. Le joueur de tennis se poste au fond de la piscine, le surfeur tient en équilibre sur une piste d’athlétisme. Guillaume Martial, lui, recycle les objets du quotidien (assiette, table de bar, etc.) en inattendus agrès d’entraînement dans un style très graphique.

« Respect ! »

Quant à Thomas Morel-Fort, c’est en documentariste qu’il s’intéresse au kushti, lutte ancestrale dont la tradition est entretenue en Inde, sur sol de terre battue.

Le hasard veut que Starting blocks soit le premier événement inauguré officiellement par le tout nouvel adjoint aux sports, Pierre Houin, lui-même champion olympique. Lequel s’en dit ravi. Et même « estomaqué », « saisi ».

« J’étais pourtant au cœur de l’action ! Mais tout allait trop vite aussi pour nous. Cette expo nous permet de prendre conscience de la ferveur du public, de la concentration des athlètes, de leur détermination. » Avec une attention toute particulière pour les photos consacrées aux disciplines paralympiques : « Elles imposent le respect, il n’y a rien d’autre à en dire. »

Jusqu’au 16 mai, à la Galerie Poirel. Entrée libre.