« L’air de la folie » a rendu célèbre « Lucia di Lammermoor », opéra romantique en italien de Gaetano Donizetti (1797-1848), inspiré d’une œuvre de Walter Scott. Eleonora Bellocci, jouant le rôle de Lucia Ashton, l’a interprété avec brio, mardi 14 avril, au théâtre Graslin, à Nantes.

Elle incarne une jeune femme qui aime en secret Edgardo de Ravenswood (alias Andrès Agudelo). Mais son terrible frère, Enrico Ashton (alias Stavros Mantis), complote et la contraint à un mariage forcé pour le sauver du déshonneur. Elle épouse à contrecœur lord Arturo Bucklaw (Carlos Natale). Une trahison pour Edgardo qui maudit leur amour. Ce reniement la plonge dans le désespoir jusqu’à commettre l’irréparable en tuant Arturo et en se donnant la mort. Une pure tragédie, puisqu’Edgardo met fin à ses jours. Lucia, apparemment prise pour folle, pose ainsi un acte radical face au sort que sa famille lui a infligé et démontre que l’amour triomphe de tout, « Amor vincit omnia ».

Un thème toujours d’actualité

On doit la mise en scène, efficace et contemporaine, à Simon Delétang, une première pour lui, plutôt habitué à mettre en scène des pièces de théâtre. Dans son approche de la folie, il entend le terme que l’on utilise lorsque l’on juge le comportement de quelqu’un qui nous échappe. Il y a dans cette folie la prise de conscience par Lucia de l’oppression dont elle a été victime, comme quelqu’un qui découvre qu’on l’a droguée à son insu pendant des années, dit-il.

Un thème toujours d’actualité. Le jeune chef Jakob Lehmann dirige avec fougue la partition de l’Orchestre national des Pays de la Loire. Avec le chœur de chambre Mélisme(s), ils accompagnent avec puissance et subtilité le tragique destin de ces amants pendant presque trois heures intenses. L’ensemble a été ovationné par le public.

Vendredi 17 avril, à 20 h, dernière représentation au théâtre Graslin, à Nantes. Opéra en italien, surtitré en français. Durée : trois heures, avec entracte. Tarif A : de 4 à 80 €. Infos : www.angers-nantes-opera.com