Voici une délégation peu courante pour un conseiller municipal. À côté des trains du quotidien et du cyclotourisme, les attributions de Simon Citeau, élu écologiste qui entame un deuxième mandat dans l’équipe de la socialiste Johanna Rolland, englobent le retour du train de nuit. Je dois être le premier élu municipal de France avec cette délégation, reconnaît-il. Tout en justifiant cette charge : le service du ferroviaire est un sujet très politique : la Bretagne et l’ouest de la France ne peuvent pas être les grands oubliés du train de nuit.

Petit retour en arrière. À la mode en France au milieu du XXe siècle, le train de nuit a été délaissé avec l’arrivée du TGV, à partir des années 1970-1980. De nombreuses lignes ont fermé. En 2010, la desserte de l’ouest a été arrêtée. Jusque-là, on pouvait aller de Nantes à Lyon et vers Nice en train de nuit. Depuis 2020, la SNCF a rouvert certaines voies, mais pas dans l’Ouest, où aucune ligne n’est programmée. Pourtant, le train de nuit est plébiscité par les Français. En 2024, un peu plus d’un million de voyageurs ont emprunté les huit lignes nationales et deux internationales.

« Faire pression sur l’État »

Que peut un élu municipal sur le sujet? Je vais pouvoir appuyer les associations qui se mobilisent pour le train de nuit, et fédérer les collectivités qui souhaitent s’engager et faire pression sur l’État pour le relancer, explique Simon Citeau. Il y a une dynamique des élus locaux. Maintenant, il faut passer le cap. Pour l’élu nantais, la question de la légitimité d’une ligne de train de nuit dans l’Ouest ne se pose pas. Les cinq départements historiques de la Bretagne, c’est à la fois un bassin de population de 5 millions d’habitants, et une destination touristique. Tous les ingrédients sont réunis.

[picture #2]