C’est un geste fort pour les victimes de l’attentat de rue des Rosiers survenu à Paris en 1982, qui a fait six morts et 22 blessés. Mahmoud al-Adra, connu sous le nom d’Hicham Harb, et soupçonné d’avoir joué un rôle de superviseur dans ce dramatique attentat, a été extradé jeudi vers la France par l’Autorité palestinienne. « En exécution d’une demande d’extradition du parquet national antiterroriste en date du 30 septembre 2025, l’intéressé a été remis ce jour, 16 avril, par les autorités palestiniennes à la justice française », a écrit le Pnat dans un communiqué.

« La famille d’Hicham Harb m’a contacté aujourd’hui pour m’informer avoir été notifiée par l’Autorité palestinienne de son extradition » vers la France, a déclaré son avocat Ammar Dweik. Son fils, Bilal al-Adra, affirme avoir reçu un appel « en pleurs » de son père évoquant sa remise « aux autorités françaises ».

La défense dénonce une procédure irrégulière

Cette remise intervient après une décision judiciaire palestinienne défavorable. D’après son fils, un tribunal administratif a « rejeté (mardi) la requête urgente de son avocat visant à suspendre l’extradition, sans donner de motifs », alors qu’une audience était prévue à Ramallah. Aucune réaction officielle n’a été publiée par l’Autorité palestinienne.

La défense dénonce une procédure irrégulière. Me Ammar Dweik estime que l’extradition « constitue une violation grave de la loi fondamentale palestinienne et un dangereux précédent ». La famille évoque également une mesure « illégale et donc dépourvue de toute garantie de procès équitable », tout en s’inquiétant de l’état de santé du suspect.

Un futur procès par la Cour de cassation

En France, la justice a relancé le dossier en février avec la validation d’un futur procès par la Cour de cassation. L’attentat du 9 août 1982 reste attribué au Fatah-Conseil révolutionnaire d’Abou Nidal. Deux autres suspects sont déjà poursuivis dans cette affaire.

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Arrêté en septembre 2025, Mahmoud al-Adra faisait l’objet de mandats d’arrêt internationaux, notamment en Allemagne. Son extradition avait été évoquée fin 2025 par Mahmoud Abbas, dans un contexte diplomatique marqué par la reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France.