Elle, qui ne se sentait pas légitime et n’imaginait pas ce qu’elle pourrait apporter à une municipalité, est devenue première adjointe et a même demandé la délégation sécurité pour son deuxième mandat. Morgane Christien, 49 ans, inconnue de la scène politique lorientaise jusqu’en 2020, est très vite devenue une proche du maire, Fabrice Loher, qui l’a nommée première adjointe en 2024 et l’a reconduite en 2026. Elle est aussi devenue vice-présidente à l’agglomération.

Moitié lorientaise par sa mère, elle est née en région parisienne et s’était toujours promis de venir vivre à Lorient. « J’ai toujours eu une tendresse profonde pour cette ville. Mon grand-père était employé de la Ville, aux parcs et jardins. Je passais toutes mes vacances ici. Longtemps, je croyais bien connaître Lorient mais je ne connaissais que Keryado », sourit la première adjointe, qui a grandi avec « une mère de gauche et un père de droite ».

Il est de ceux qui ont toujours deux ou trois coups d’avance, j’admire ça chez Fabrice Loher. On est complémentaires. Il a beaucoup d’expérience et j’apprends

Très marquée par l’affaire Gaël Le Fur

Ce n’est pas à Lorient qu’elle a découvert la politique mais bien à Cléguer, dans l’opposition face à… Alain Nicolazo. « Et finalement, je me suis sentie aussi bien dans l’équipe d’Alain Nicolazo que dans la mienne », confie l’élue. Elle a démissionné pour des raisons personnelles et, comme elle l’avait toujours envisagé, s’est installée à Lorient. « Gaël Le Fur, avec qui j’avais travaillé au collège du Faouët, m’a incitée à rencontrer Fabrice Loher. Je l’avais trouvé impressionnant mais je me demandais ce que je pouvais apporter. Je me suis quand même lancée en me disant, « ce n’est pas dit que je sois élue et, au pire, cela fera une belle expérience » », retrace Morgane Christien.

Elle ne cache pas avoir été très affectée par la mise en examen de Gaël Le Fur pour des faits de viols, agressions sexuelles sur mineurs de moins et de plus de 15 ans, corruption de mineur, détention d’images pédopornographiques (la date du procès n’a pas encore été fixée, Gaël Le Fur reste présumé innocent). « C’était un ami. Ça nous a déstabilisés. Ça m’a fait m’interroger sur ce que sont vraiment les gens. J’ai été tellement perturbée que j’en ai eu des symptômes physiques, j’ai dû faire de la kiné vestibulaire ». Un choc qui a néanmoins soudé l’équipe et a marqué un tournant dans sa relation de confiance avec le maire. Elle lui trouve « une intelligence fine. Il est de ceux qui ont toujours deux ou trois coups d’avance, j’admire ça chez Fabrice Loher. On est complémentaire. Il a beaucoup d’expérience et j’apprends ».

« Le principal problème, c’est le trafic de drogues »

De ce premier mandat, Morgane Christien est fière d’avoir participé « à la transformation de la ville, de son image à l’extérieur. C’était déjà engagé avant nous bien sûr, mais on a l’impression d’une identité plus affirmée, moins complexée ». Elle cite aussi le Plan ambition école qui doit permettre de rénover le bâti des établissements lorientais. Pour ce second mandat, elle a voulu la sécurité, « car il y a des enjeux importants de tranquillité publique, de vivre ensemble et c’est ma conception de la société. Le principal problème à Lorient est le trafic de drogues, pour les violences que cela peut entraîner, et aussi les violences intrafamiliales ».

Mère de deux filles de 18 et 23 ans, elle a appris, parfois avec difficulté, à mettre sa vie personnelle de côté pour ses engagements locaux. « Je reçois parfois un SMS me disant : « tu sais où tu habites », qui me fait comprendre que je tire un peu trop », concède la professeure de français au collège Anita-Conti, à Lorient. Elle assure ne pas avoir « d’ambition politique », mais concède une certaine curiosité à aller voir « comment cela fonctionne à d’autres échelons, le Département, la Région ».