Par

Ugo Maillard

Publié le

17 avr. 2026 à 12h14
; mis à jour le 17 avr. 2026 à 12h22

Une quête viscérale de vérité et de justice. Le 22 mars 2026, Miroslav Legin meurt à l’hôpital l’Archet 2 de Nice (Alpes-Maritimes) après de pénibles semaines de souffrances. Les parents du jeune garçon, décédé à l’âge de 2 ans, dénoncent le traitement subi par Miroslav lors de son hospitalisation. Atteint d’un cancer depuis sa naissance, le bébé né à Nice de parents russes serait mort d’une infection contractée dans les locaux des services hospitaliers.

C’est du moins la version défendue par Oksana et le père de l’enfant qui ont déposé plainte pour « homicide involontaire ». Accompagnés de leur avocat, Me Jean-Pierre Andreani, ils ont accepté de répondre aux questions de la rédaction d’actu Nice. Un entretien réalisé avec une traductrice, leur français étant sommaire.

Arrivée à Nice pour le traitement de son cancer

Malgré la douleur encore très vive de la perte de leur unique enfant, les époux Legin ont retracé la vie de Mirsolav. Deux années marquées par un combat incessant contre la maladie.

« Lors de la grossesse, on a eu divers problèmes et une inquiétude est née concernant l’état de santé de Miroslav », se souviennent les parents. Pour obtenir un meilleur suivi médical, ils décident de quitter la Russie et atterrissent à Nice en raison de la présence de connaissances et de quelques bases pour parler français.

Pris en charge par les services hospitaliers maralpins, les parents se voient confirmer la présence d’une anomalie durant l’échographie de huit mois. À la fin de l’année 2024, Miroslav naît à l’Archet.

La pathologie est établie. Le nouveau-né est atteint d’un neuroblastome.

C’est quoi le neuroblastome ?

« Le neuroblastome est la tumeur maligne solide extra-crânienne la plus fréquente du jeune enfant. Il s’agit d’une tumeur maligne dérivée des cellules à l’origine du système nerveux sympathique et peut être retrouvée en avant de la colonne vertébrale. La tumeur primitive se trouve dans la surrénale ou les chaînes sympathiques, le plus souvent au niveau abdominal, en arrière du péritoine », expliquent les équipes de Gustave-Roussy, le 1ᵉʳ centre de lutte contre le cancer en Europe.

« Le neuroblastome représente environ 10 % des tumeurs solides de l’enfant de moins de 15 ans, soit 130 à 150 nouveaux cas par an, en France. C’est la tumeur maligne du nourrisson la plus fréquente : 50 % des enfants touchés ont moins de 1 an », précisent-elles aussi.

Un dernier mois de souffrance

Le parcours du combattant du petit Miroslav commence dès sa naissance. Opérations chirurgicales, chimiothérapie, examens de contrôle, les journées du garçon sont rythmées par son cancer. La tête baissée et les yeux dans le vide, Oksana se souvient de son bébé : « Malgré sa maladie, il marchait, s’amusait et rigolait beaucoup. »

Si les parents du jeune garçon déplorent la qualité de l’accompagnement des soins durant l’ensemble de la prise en charge, c’est à partir du 25 février 2026 que la situation va fortement se dégrader.

« Ce jour-là, nous avions rendez-vous pour un scanner et une biopsie. Lorsque nous l’avons récupéré, il était dans un état catastrophique. Il saignait beaucoup, du sang noir », expliquent les parents de Miroslav, photos à l’appui. Deux jours plus tard, le 27 février, les médecins informent que le jeune garçon a eu une infection. L’état de santé de l’enfant va se dégrader progressivement.

Miroslav
Le 22 mars 2026, Miroslav Legin meurt à l’hôpital. (©Document remis à actu Nice)

« C’était l’horreur, il agonisait, il était en train de mourir dans mes bras », explique la maman, les yeux dans le vide. Il est transféré en urgence aux services de réanimation de Lenval. Le 22 mars 2026, Miroslav Legin meurt à l’hôpital.

La douleur et la plainte

Durant l’entretien avec notre rédaction qui aura duré plusieurs heures, les parents de Miroslav vont lister tout un tas de « choses inacceptables » dont ils assurent avoir été victimes dans un récit assez confus : « Les médecins se moquaient de nous. Ils refusaient qu’on quitte l’hôpital. Le service n’était pas propre. Notre enfant a été maltraité et nous aussi. »

Une addition de faits qui va pousser les parents à se présenter devant un avocat avec comme combat principal, les causes de la mort de Miroslav. « On savait que notre enfant avait un cancer, on savait qu’il avait besoin de traitement. Mais son traitement n’était pas adapté. On n’a pas perdu notre fils à cause du cancer », jure Oksana.

Miroslav et sa maman quelques mois avant son décès.
Miroslav et sa maman à Menton quelques semaines avant son décès. (©Document remis à actu Nice)

Me Jean-Pierre Andreani, avocat au barreau de Nice, a déposé une plainte pour « homicide involontaire » le 27 mars 2026.

J’ai perdu mon enfant. Eux, ils continuent à travailler.

Mère de Miroslav

Une enquête ouverte

Sollicité, le procureur de Nice, Damien Martinelli confirme qu’une enquête en recherche des causes de décès a été ouverte et est toujours en cours.

Ce jeudi 16 avril, les résultats de l’autopsie réalisée par les médecins de l’institut médico-légal n’étaient pas encore connus, assure Me Jean-Pierre Andreani à actu Nice.

La réponse de l’hôpital

La rédaction d’actu Nice a interrogé la direction du Centre hospitalier universitaire quant au décès de Miroslav Legin. Voici la réponse qui nous a été transmise :

Le CHU de Nice tient à exprimer son soutien à la famille, confrontée à une épreuve d’une extrême douleur.

Cet enfant était atteint d’un cancer extrêmement rare et particulièrement grave, pris en charge depuis sa naissance. Il a bénéficié de l’ensemble des traitements disponibles, ainsi que d’avis d’experts nationaux et de décisions collégiales à chaque étape. Malgré tous les efforts engagés, la maladie a connu deux rechutes, dont la dernière ne permettait malheureusement plus de traitement curatif. Il a été accompagné en soins palliatifs dans les meilleures conditions possibles.

Tout au long de sa prise en charge, l’enfant et sa famille ont bénéficié d’un accompagnement médical, infirmier, psychologique et social constant, avec une information régulière. Les équipes soignantes ont été pleinement mobilisées et profondément engagées aux côtés de cet enfant et de sa famille.

Il est important de rappeler qu’aujourd’hui, malgré les progrès de la médecine, entre 10 % et 15 % des enfants atteints de cancer ne peuvent être guéris.

En raison du secret médical et de l’ouverture d’une enquête judiciaire, le CHU de Nice ne peut pas apporter d’éléments complémentaires et ne fera pas d’autre commentaire à ce stade.

CHU de Nice

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