Avec notre correspondant à Kiev, Lucas Lazo
C’est sur une base militaire près de Kiev, au milieu du bourdonnement des petits appareils, que des civils sont bien décidés à se préparer à ce qu’ils jugent inévitable : leur mobilisation.
« Attendre d’être mobilisé, certainement pas », estime Artem, âgé de 21 ans, les mains fermes sur ses radiocommandes. Il a bien rôdé son plan : « Il est très important de pouvoir choisir l’unité qui prendra soin de ta vie. Imaginons que tu sois blessé, malheureusement, qui va prendre soin de toi ? Tôt ou tard, moi aussi, je rejoindrai les forces armées. Alors, on m’a offert cette formation de base au pilotage de drones. »
Ce stage d’une semaine est proposé à des civils par des instructeurs de la 3e brigade d’assaut, une unité très populaire en Ukraine.
« Les drones, c’est quand même plus sûr que de servir dans l’infanterie »
Le regard un peu perdu derrière ses fines lunettes, Grégory, dénote dans ce hangar dédié aux drones de combat : « Au début, vous savez, j’hésitais. Mais ensuite, je me suis dit : « Non, il faut y aller, il le faut. » Chez nous, l’âge de la mobilisation obligatoire commence à 25 ans, et moi, j’en ai 24, donc je me prépare petit à petit. »
Le jeune homme est inquiet, il redoute d’être envoyé sur le front dans une brigade trop exposée : « J’ai l’impression que les drones, c’est quand même plus sûr que de servir dans l’infanterie. Et puis l’infanterie exige une endurance physique que je n’ai malheureusement pas. Honnêtement, je suis plutôt quelqu’un de gringalet. Donc, d’une certaine manière, les drones me semblent plus adaptés, pour moi, que l’infanterie. »
À l’issue de la formation, les étudiants se voient remettre un diplôme, un atout précieux pour rejoindre des unités à l’affut de ces compétences désormais essentielles.
À lire aussiGuerre en Ukraine: des brigades utilisent le marketing et la culture pour recruter