Elles ont été prises d’assaut pendant des jours. Avec leurs prix plafonnés, les stations-service de la multinationale TotalEnergies ont attiré des dizaines de milliers d’automobilistes en quête d’un carburant un poil moins cher. Mais ce vendredi, certains ont dû passer leur chemin sur la route des vacances, faisant face à des pompes fermées. Pénurie de carburant ? Même pas. Ce vendredi, c’est une grève qui a paralysé plusieurs stations du réseau Argedis, filiale de TotalEnergies.

Selon la CGT, les salariés d’une vingtaine d’établissements se mobilisent pour réclamer une aide au paiement du carburant pour les collaborateurs. La direction du groupe a signalé pour sa part que « huit stations » étaient touchées par ce mouvement, soit 4 % des sites de ce réseau. La station du Mont-Saint-Michel située le long de l’A84 entre Rennes et Caen était paralysée.

Argedis gère environ 180 des 3.300 stations du groupe en France, principalement sur autoroute. Les grévistes réclament des aides pour les salariés, dont le budget carburant « atteint désormais 400 euros par mois, pour un salaire net de 1.600 euros », ce qui engendre une situation « financièrement intenable ». La direction a proposé une « prime carburant » comprise entre 15 et 40 euros par mois, selon le trajet effectué par les salariés entre leur domicile et leur lieu de travail. « Des miettes », proteste la CGT, qui a appelé, à la veille des départs en vacances en Ile-de-France, au « blocage » des stations du géant pétrogazier français.

Prenez la carte Total pour une réduction

Le groupe, qui dit rester « ouvert au dialogue », a également incité les salariés à prendre une carte Total, qui permet de bénéficier d’une réduction de 8 centimes par litre par rapport aux prix affichés, a indiqué la direction. « Ce sont les cordonniers les plus mal chaussés, c’est-à-dire que même les salariés de Total n’ont pas d’aide pour faire face à cette explosion du prix du carburant », a réagi la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, vendredi sur France 2, demandant au gouvernement d’indexer les salaires sur les prix.

L’an dernier, TotalEnergies a réalisé un bénéfice de 13 milliards d’euros, en baisse de 17 %.