À deux semaines du 1er mai, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, ce vendredi, que les boulangeries et fleuristes indépendants et artisanaux pourraient ouvrir à l’avenir lors de cette journée traditionnellement chômée.
« Il y a beaucoup de satisfaction à avoir gagné ce combat. Ça prouve que quand on lutte, on peut parvenir à un résultat », se réjouit Frédéric Roy, boulanger niçois de la rue de France, et président du collectif pour la survie des boulangeries et de l’artisanat.
Le chef du gouvernement précise qu’un projet de loi sera présenté avant le 1er mai. Celui-ci doit fixer « des critères assez simples » permettant aux artisans de faire travailler leurs salariés sur la base du volontariat, avec une rémunération doublée.
Le texte devra ensuite être examiné par le Parlement et pourrait entrer en vigueur à compter du 1er mai 2027.
Pour le 1er mai 2026, des instructions seront données afin que les artisans « ne souffrent d’aucune conséquence » s’ils ouvrent dans le respect des règles qui seront définies par la future loi.
Le Premier ministre appelle également à « la modération » pour garantir un fonctionnement apaisé des établissements concernés. Frédéric Roy accueille cette annonce avec soulagement, après plusieurs semaines de tension.
Avec force, et parfois véhémence, il affirmait récemment que le gouvernement avait « déclaré la guerre aux métiers de bouche ». Il se dit désormais rassuré.
« C’est une très bonne chose. Apparemment, ils vont présenter la loi dans les semaines à venir au Conseil des ministres. Ça montre que malgré tout, la réalité prend le dessus. »
Frédéric Roy pourra faire travailler ses deux salariés, volontaires. Ils seront payés le double. « C’est ce qu’on a toujours fait. Mes apprentis ne travaillent pas le dimanche ni les jours fériés, donc pour eux ça ne change rien. »
Frédéric Roy voit dans ce revirement une victoire du terrain. Il estime que la mobilisation a été déterminante : « C’est la menace de manifester et de se fâcher sérieusement qui les a fait reculer. »
Désormais, il espère un retour à la sérénité pour les artisans : « On va pouvoir vivre normalement sans avoir l’inquiétude d’un contrôle ou de sanctions. »
Il risquait, comme l’ensemble des boulangers et fleuristes, une amende de 750 euros par salarié concerné (1 500 euros si c’est un mineur).
Au sein du collectif qu’il préside, le sentiment est clair : « C’est une victoire. »