« Marseille » par Matthieu Delfini chez Terrasse en Ville

Matthieu est originaire de Nice et de Corse et s’est exilé à Paris pour travailler dans la finance. Mais le Sud coule dans ses veines et c’est avec ardeur et passion qu’il décrit sa peinture et la réalise. « J’adore observer la lumière sur les corps et les grappes de gens sur les rochers« , commente l’amoureux de Marseille qui y réside de plus en plus souvent. Il confie en riant : « Je passe ma vie à me promener en slibard sur les rochers ! » Ce littoral marseillais, il le connaît par cœur à toutes les heures de la journée, du matin au soleil couchant. Et il le figure, avec ses ombres, ses lumières, ses corps – souvent – de jeunes hommes torse nu, qui se détachent sur fond de Méditerranée. L’artiste autodidacte peint dans ses carnets à la plage, puis travaille dans son atelier avec ses esquisses et ses photos.

Extrait d'un grand format solaire et coloré de Matthieu Delfini.Extrait d’un grand format solaire et coloré de Matthieu Delfini. / Photo A.A.

Le résultat nous plonge dans des scènes estivales familières, où les courbes des corps sont structurées et où la couleur donne de la profondeur. Voire une dimension solaire et vintage comme dans le grand format Petit slip grand parasol.

Tous les jours. Jusqu’au 31 août 2026. 26 rue des 3 frères Barthélémy (6e).

Douglas Eynon expose à La Traverse.Douglas Eynon expose à La Traverse. / Photo A.A. »11 : 11″ de Douglas Eynon à La Traverse

Douglas Eynon est passé de Londres à Bruxelles où il vit depuis 15 ans. Il expose en solo à Marseille pour la première fois (il était à La Friche pour une expo collective en 2021). Fasciné par les effets de miroir, l’artiste a été marqué par « l’heure 11h11 pendant toute la préparation de l’exposition. » Une synchronicité qu’il suggère subtilement dans ses tableaux : on y retrouve la transfiguration du banal en magie. Ses œuvres mêlent ainsi réalité et dimension onirique. « Mon père travaillait pour les systèmes de lumières des boîtes de nuit », nous raconte Douglas Eynon. Il a retrouvé des photos de cette époque et s’est inspiré des effets de lumières sur le sol des discothèques. Un point de départ « synthétique » qui donne un résultat ambigu et hybride, une autre notion chère à l’artiste. Le tableau peut rappeler un paysage de nature, de fleurs, comme un étang de nénuphars. Les peintures de nature par les grands maîtres font partie aussi de son vocabulaire.

Douglas Eynon expose à La Traverse.Douglas Eynon expose à La Traverse. / Photo A.A.

Avec simplicité, ses aquarelles de motifs de moquettes de nightclub, prennent des allures d’organismes vivants. Quand tout est double, l’ordinaire peut devenir magique.

Vendredi et samedi 14h-18h, dimanche 14h-17h. Jusqu’au 9 mai 2026. 16 Traverse Ste Hélène (7e).

Exposition "Ce qu'il reste du monde" à la Maison Arménienne de la Jeunesse et de la CultureExposition « Ce qu’il reste du monde » à la Maison Arménienne de la Jeunesse et de la Culture / Photo A.A. »Ce qu’il reste du monde » à la MAJC

Rebecca Brodskis, fondatrice des Ateliers Lautard (3e), l’artiste marseillais Silvio Mildonian et le fondateur de la résidence d’artistes Le Cube du Ferret, Jean-Philippe Vigneron, présentent 40 artistes contemporains (locaux, nationaux et internationaux) autour de la réflexion Ce qu’il reste du monde. Une expo qui se tient à la Maison Arménienne de la Jeunesse et de la Culture (1er), lieu lié à une histoire du monde traumatique et à la transmission culturelle. Un écho a lieu d’ailleurs dans la première salle entre les œuvres et les vitrines de livres sur l’Arménie et son histoire. Les artistes (dont certains sont arméniens), font part ici de paysages abandonnés ou en péril, de corps vulnérables, de mémoires ou d’exils.

"Ce qu'il reste du monde" à la MAJC« Ce qu’il reste du monde » à la MAJC / Photo A.A.

On notera La Major engloutie par les flots sur un panneau de tissu de l’artiste Gol3m, l’installation de Chrystèle Bazin et Agnès Mellon auteures du livre Marseille, ce qu’il reste de la colère sur les effondrements de la rue d’Aubagne, ou encore Le Déjeuner sur l’herbe, photo de Dominika Troicka, artiste franco-polonaise.

Du mardi au samedi de 14h à 18h30. Jusqu’au 14 mai 2026. 12 rue Saint-Bazile (1er).