Un lieu de vie accueillant
Une fois la discrétion assurée, le duo s’est attaché à créer un véritable lieu de vie : « Les artistes y passent énormément de temps, on a donc essayé de fabriquer un endroit où faire des réunions de travail plus ou moins informelles, avec un espace séjour décontracté et un espace qui leur permette de se restaurer, tout en laissant la cuisine s’effacer au profit du design ». Ainsi les étagères en noyer, dessinées comme une grande console, laissent-elles à peine déceler un mitigeur, rabattu sur un pan de mur, donnant d’autant plus d’espaces aux objets soigneusement sélectionnés. Pour balancer cette chaleur, Razzle Dazzle a insufflé un brutalisme aux accents techniques assumés, comme les gaines de ventilation apparentes au plafond ou le sol en béton ciré.

La cuisine disparaît discrètement grâce au design des armoires basses en noyer. Table AT Bauer, tabouret Jasper Morrison (Galerie Romain Morandi), vase de Mathieu Segret (Œil de Ko), tableau de Carolina Semiatzh (Brazil Modernist). Jeu, Walter & Moretti. Objets, Studio Cøllected.
Photo © Amaury Laparra — Stylisme et curation design : Studio CøllectedDesign et technologie musicale
Comme un fil conducteur, l’ensemble en noyer menuisé mène, à l’arrière-plan, vers les différentes cabines d’enregistrement, indiquées par des poignées sculpturales. « Le grand meuble en bois commence assez bas, puis s’épaissit, pour finir par encapsuler tout le studio du premier étage. » Au rez-de-chaussée, on accède au premier studio par un couloir amorçant déjà la transition vers la musique, accueillant les récompenses des artistes dans une niche (Victoires de la Musique, NRJ Music Awards…). À l’intérieur, « une immense partie du travail est invisible, expliquent les architectes. C’est ce qu’on appelle une boîte dans la boîte : une boîte en béton de plusieurs tonnes, posée sur des ressorts qui ne touchent ni le mur, ni les plafonds, ni le sol, qui reposent donc sur des ressorts. Quand il y a des vibrations, les ressorts viennent les absorber ». Et préservent ainsi la qualité du son enregistré — voix et instruments. Mais le design ne faiblit pas : le bois est toujours présent, se mêlant au textile rappelant l’esthétique sixties. « La volonté des directeurs de Meya Music était d’obtenir une vraie identité : celle d’un studio qui raconte une histoire, qui est là depuis déjà 20, 30, voire 40 ans. »