Alors qu’il affiche « sold out » depuis déjà un bon bout de temps, et s’apprête, une fois encore, à battre un record de participation (voir ci-dessous), le semi de Nice, coincé dans le calendrier international entre le marathon de Paris et celui de Londres (26 avril), a l’habitude de jongler avec la concurrence, et parvient – bon an, mal an – à attirer quelques pointures, de vrais « clients », et à proposer en conséquence un plateau élite qui, sur le papier en tout cas, a toujours de la gueule.
Las, la guerre en Iran et le contexte géopolitique incertain ont contraint les organisateurs à totalement repenser, réinventer cette 34e édition. Pour la première fois depuis 1992, aucun coureur venu des hauts plateaux africains ne figure en effet parmi les athlètes « invités ».
Rien qui ne présume, toutefois, que l’épreuve s’en trouve mécaniquement « déclassée », que le niveau en sera automatiquement dégradé…
Rémy Charpentier, qui collabore sur ce volet avec Azur Sport Organisation, détaille les difficultés rencontrées et la façon dont ont été gérées les conséquences indirectes de ce conflit qui impacte l’ensemble de la planète. « Les vols sont soit annulés, soit devenus inaccessibles en termes de prix, alors que le moyen Orient est, classiquement, une porte d’entrée. Pour rester cohérents, et sachant qu’il y a des semis organisés le même jour à Milan et Istanbul, on a choisi de mettre davantage en avant nos pépites françaises, d’autant qu’on avait déjà une demande pour aller dans ce sens… »
Au risque de se répéter, gare aux raccourcis et aux conclusions hâtives. Certes habituée à vibrer aux rythmes africains, la Prom’ sera bel et bien théâtre, dimanche, d’une âpre bataille. Avec la promesse, en tête de course, de voir les Tricolores imposer le tempo et faire le show.

Montoya en guest star
Chez les hommes, d’abord, où le pensionnaire du NCAA, Raphaël Montoya (2e en 2025, comme en 2024, où une chute dans le final l’avait privé de lauriers), sur une distance qu’il n’a apprivoisée que tardivement dans le déroulé de sa carrière, fait figure de grandissime favori. Même s’il devra garder un œil sur un certain Florian Caro, profil atypique, certes, mais vainqueur du marathon de Caen en 2024 et celui de Rennes l’année d’avant, deux perf’ qui en disent long sur les qualités du bonhomme. « Je ne suis pas spécialement super en forme actuellement, tempère l’ancien triathlète. Je bosse à Aix toute cette semaine et je vais donc faire l’aller-retour exprès. Ça s’annonce speed, mais s’il y a une chance de gagner, je ne vais pas m’en priver… »
En réalité, et pour une fois, c’est surtout du côté des filles que les regards vont se braquer. Les jeux y semblent plus ouverts encore. Avec une belle densité d’athlètes ayant l’habitude d’avaler les 21,1 km en moins de 1h13’.
Parmi elles, la championne de France du marathon, Mathilde Sénéchal, qui semble se plaire sous nos latitudes, puisqu’elle avait battu son record (32’17’’) sur 10 km, lors de la récente Prom’Classic. Mais aussi Inès Hamoudi, déjà sur le podium l’an dernier (en 1h12’02’’, RP) et candidate plus que sérieuse à la victoire. Sans oublier la pistarde Célia Tabet, sans réelles références sur la distance, mais qui a signé un joli 1h06’ sur les 20 km de Paris, en octobre dernier. « Quelques-unes ont, en plus, l’objectif de se qualifier pour les championnats du monde (programmés en septembre au Danemark), souligne Rémy Charpentier. Il y a du niveau et on peut penser que ça va aller vite, très vite… »
10 km : Zarbo pour le doublé
Ces dernières années, le 10 km réserve régulièrement de jolies surprises. Vainqueur l’an dernier, avec un record personnel à la clé, Alessia Zarbo (NCAA) semble en capacité de réussir la passe de deux.
Elle sort certes d’un gros bloc d’entraînement, mais monte gentiment en puissance, et n’est pas très loin de son pic de forme. En atteste ce titre de championne de France du 10000m glané le week-end dernier à Aix-les-Bains. « Ce n’est pas du tout le même effort, relativise la jeune femme. Mais l’idée, c’est quand même d’aller chercher un joli chrono. Je pense partir sur les bases de mon record, même si le but, c’est aussi de prendre des repères en vue de la Coupe d’Europe du 10 000m, qui aura lieu fin mai… »
On connaît discours moins incisif, et plan de bataille plus compliqué à décortiquer…
Nouveau record de participation
Parmi tous les évènements running qui jalonnent le calendrier, le semi de Nice est, à coup sûr, celui qui attire le plus de monde, dans la région et bien au-delà. Une référence aussi, en termes d’organisation. Cette année, on totalise 19150 inscrits, sur l’ensemble des distances (9000 sur le 21,1 km, 7500 sur le 10 km, 2000 sur le 5 km et 650 sur le Relais des familles), record de participation explosé (ils n’étaient « que » 17500 l’an dernier sur la 33e édition).
À noter que, sur la course reine, on approche de la parité parfaite, puisque les femmes représenteront 45 % du peloton.
Le programme
Samedi :
9 h – 19 h : retrait des dossards (kiosque à musique).
10 h : départ du « Breakfast Run », RDV 15 minutes avant, au village running.
15 h – 18 h (sur convocations) : départ du « Relais des Familles » sur le trottoir de la Promenade des Anglais (face à l’avenue Max-Gallo).
15 h – 16 h : séance de yoga – Espace des Brumes sur la Promenade du Paillon.
Dimanche :
7h20 – 7h35 : échauffement collectif, sas de départ sur la Promenade des Anglais, Jardin Albert-1er.
7 h 55 : départ handisport.
8h : départ du semi-marathon (21,1 km) sur la Promenade des Anglais, face à l’hôtel Méridien.
Dès 9 h 45 : remise des récompenses « scratch » du semi-marathon sur le podium face à l’Esplanade Jacques-Cotta
11 h : départ de la course de 5 km.
12 h : départ de la course de 10 km.
12 h 15 : remise des récompenses « scratch » du 10 km.
à partir de 12 h 45 : remise des récompenses « scratch » du 5 km.
à partir de 13 h : remise des récompenses « scratch » du 10 km.