Les épreuves de hockey sur glace, qui doivent se dérouler à Nice lors des JO 2030, pourraient finalement être organisées à Lyon.
Publié le 18/04/2026 10:28
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Eric Ciotti élu maire de Nice, le 27 mars 2026. (ROLAND MACRI / AFP)
Et s’il n’y avait pas de JO-2030 à Nice ? Alors que la Baie des Anges doit accueillir les épreuves de glace, la question du site du hockey semble insoluble, Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, et Eric Ciotti, maire de la ville, s’accusant mutuellement de tout bloquer, après une nouvelle réunion vendredi 18 avril.
Avec le patinage artistique, le hockey sur glace, le short-track et le curling, un village olympique, un centre des médias et la cérémonie de clôture, Nice se présentait comme l’un des pôles principaux des Jeux dans les Alpes françaises. Mais Eric Ciotti, nouveau maire UDR-RN, fervent partisan de l’organisation des Jeux à Nice, a fait campagne sur des propositions alternatives pour les sites d’accueil.
Et s’il semble s’être résigné à laisser comme prévu la nouvelle patinoire ou le village olympique dans l’ouest de la ville, il a répété vendredi que le projet de couvrir temporairement le stade de football de l’Allianz Riviera pour accueillir le hockey restait « une ligne rouge absolue ». Cette hypothèse priverait l’OGC Nice de son stade pendant plusieurs mois, alors même que le président du club de foot, Jean-Pierre Rivère, a été un pilier de la campagne municipale de M. Ciotti.
Vendredi, une réunion de travail entre des représentants de la Solideo, l’établissement public chargé de la livraison des ouvrages des JO 2030, du Cojop (le comité d’organisation présidé par Edgar Grospiron), de l’Etat, de la région, du département et de la ville a mis « en évidence une situation de blocage », selon un communiqué de la région.
« J’avais dit à M. Ciotti que son projet alternatif n’était pas à la hauteur », a insisté Renaud Muselier (Renaissance), interrogé par l’AFP. Selon le président de la région Paca, la ville de Nice a proposé deux solutions, dont l’une avec une capacité réduite de 8 000 places, une idée selon lui « balayée par le Cojop ».
Quant à l’autre piste, elle coûterait « 45 millions d’euros » supplémentaires, « à la charge des Niçois », selon Eric Ciotti. « Cette position est inacceptable, et semble avoir été décidée bien en amont », a-t-il écrit dans un communiqué en dénonçant « une véritable provocation ».
« Je crains que des considérations purement politiques aient pesé lourdement dans ces choix contraires aux intérêts de notre ville, de notre région et de notre pays. Nice n’est pas une variable d’ajustement. On ne fait pas n’importe quoi avec l’argent des Niçois. Les engagements que j’ai pris devant eux seront respectés », a-t-il insisté.
Alors que Renaud Muselier, qui préside la Solideo, répète depuis plusieurs semaines que la question des sites niçois doit être réglée avant fin avril, la région a prévenu qu’il ne restait que « trois jours pour sortir du blocage » avant une réunion lundi du Cojop. « Les blocages actuels exposent directement le pôle niçois. Ils pourraient conduire à sa remise en cause », a-t-il alerté.
Début avril, le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, avait proposé d’accueillir des compétitions de glace à la place de Nice. Et vendredi soir, Eric Ciotti a laissé entendre pour la première fois que c’était une éventualité. Dans ce cas, les quelque 85 millions d’euros que la ville prévoit de débourser, essentiellement pour la nouvelle patinoire destinée au patinage artistique et au short-track, « seront affectés aux équipements de proximité et à une nouvelle baisse des impôts ».
A moins qu’il soit possible de séparer les sports de glace, en laissant partir seulement le hockey à Lyon. Les athlètes y sont opposés, et le village olympique ou le centre des médias niçois seraient beaucoup plus réduits sans le hockey. Et si Nice perd ses sites, la région PACA ne serait plus représentée que par le seul pôle Briançonnais, qui doit accueillir un village olympique ainsi que les épreuves de snowboard et de ski acrobatique.