Du soleil, de la chaleur, des palmiers. Pour Christophe et sa famille, le contrat est rempli : ces Tourangeaux repartent de la Côte d’Azur avec des souvenirs qui sentent bon l’été avant l’heure.

À base de crème glacée et de photos sur la plage, leur séjour d’une semaine les a enchantés entre Cannes, Nice et Monaco.

Ces touristes français font partie des visiteurs de début de saison, qui répondent déjà bien à l’appel comme le souligne Eric Abihssira, le Niçois vice-président confédéral de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) : « Les indicateurs sont au vert ! »

C’est un large soleil qui nous attend ce samedi 18 avril, sur la Côte d’Azur...

Pâques comme tremplin

Une belle orientation qui s’inscrit depuis le week-end de Pâques, profitant d’une météo favorable : « Il a été exceptionnel en termes de fréquentation. On dépasse les 80 % de taux d’occupation. »

Un vrai tremplin pour les professionnels du secteur qui ne demandaient que ça.

Même si le mois de mars a déjà affiché « deux points de plus par rapport à l’an dernier avec 60 % », comme l’indique Alexandra Borchio Fontimp, présidente de Côte d’Azur France Tourisme, cette performance du début du mois donne le ton.

« Encourageant » malgré le contexte géopolitique

Pour les semaines à venir, la courbe veut aller plus haut. « En ce qui concerne les perspectives de réservation, pour mai, on enregistre + 1 % par rapport à 2025 et + 2 % en juin », souligne la responsable qui annonce : « Juillet confirme cette tendance favorable : + 1 %. »

Concernant la location meublée, les chiffres affichent une stabilité face à 2025.

Et ce, malgré un contexte géopolitique incertain – entre conflits et hausse du prix de l’essence : « C’est assez encourageant. Même si la crise est localisée au Moyen-Orient, on sait que cela peut cristalliser les déplacements internationaux – professionnels comme personnels. »

Face aux incertitudes, les « projections laissent entrevoir une saison estivale plutôt solide », sur le territoire.

Le phénomène d’annulation ou de statu quo n’a pas lieu d’être à cette heure. « Pour l’instant, les chiffres des voyageurs qui partent depuis Nice sont encore en hausse, les taux de réservation sont stables. Cela signifie que les gens prévoient leurs vacances. »

Ceux qui partent comme ceux qui arrivent répondront à une grande question : leur comportement d’achat va-t-il changer ?

« Ce que l’on craint ici, c’est évidemment la question du pouvoir d’achat. Un visiteur qui paie plus cher son billet d’avion, il est légitime d’imaginer que sa dépense moyenne sera peut-être rabaissée cet été… Mais, là encore, il est trop tôt pour tirer des conclusions. » D’autant qu’Alexandra Borchio Fontimp croit fermement en la résilience du territoire.

Un rebond pour les restaurateurs cet été ?

Mais la vigilance reste de mise après la saison en demi-teinte des restaurateurs l’an passé… « C’est un fait, les gens font plus attention à leurs dépenses et sont moins allés au restaurant. Une campagne de communication va prochainement sortir pour les soutenir et inciter le public à y aller. »

Face aux critiques tançant le « surtourisme », la présidente assure : « On ne pourra jamais éviter ce pic estival. Parce qu’en fait, les trois quarts de la planète sont en vacances scolaires au mois de juillet-août. Pour autant, nous ne vivons pas des situations similaires à certaines villes du monde. Ici, on peut quitter la foule en prenant la route vers le moyen ou le haut pays. »

Comme toujours, la stratégie défendue est celle de vendre l’expérience Côte d’Azur hors haute saison : « Ce qui permet également de sécuriser les emplois. »

Vingt degrés dès dix heures du matin. Pour Garance et Eric, la Côte d’Azur tient toutes ses promesses.

Juan-les-Pins : des indicateurs au vert

Vingt degrés dès dix heures du matin. Pour Garance et Eric, la Côte d’Azur tient toutes ses promesses. Arrivés de Metz, ces retraités profitent de quelques jours au soleil après avoir gardé leurs petits-enfants.

Et c’est à Juan-les-Pins qu’ils ont déposé leurs valises : « On n’était plus venus ici depuis 40 ans, au moins… » Et même si bien des choses ont changé, le charme reste intact. Bonus : « Pour le moment il n’y a pas trop de touristes ! »

L’arrivée des Parisiens pour ce week-end

Effectivement, à ce moment du calendrier, on n’en est qu’à l’échauffement, comme l’indique Caroline Lenoir en ajustant chapeaux et casquettes sur un portant. « Nous avons ouvert l’an passé en juin, donc cette période est une première pour nous », souligne la commerçante qui tient la boutique Danaïde avec son époux. Ici, souvenirs et autres articles de plage font face à la Promenade du Soleil.

« Petit à petit, le flux de personnes augmente. Il y a quinze jours il y avait beaucoup de familles allemandes, les Scandinaves sont déjà présents. »

Et ce week-end devrait permettre d’enclencher la vitesse supérieure : « Les vacances des Parisiens débutent. On les attend. »

Les matelas également. Pour sa 51e saison, l’Epi Beach – qui a ouvert sa plage vendredi dernier – voit déjà ses habitués revenir. « Nos locaux sont là », se réjouit Nissrine qui démarre sa deuxième année au sein de l’équipe.

Si ces vacances d’avril permettent de se mettre en jambes, ce sont surtout les ponts du mois de mai qui vont faire office de montée en puissance sur le sable fin. Avec, bien évidemment, l’aura des événements porteurs comme le Festival international du film de Cannes ou l’AmfAR.

« Les indicateurs sont au vert ! », souligne Eric Abihssira, le Niçois vice-président confédéral de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih).

« Les indicateurs sont au vert ! », souligne Eric Abihssira, le Niçois vice-président confédéral de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih).
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Les hôtels « un peu au-dessus de leurs espérances »

Tongs aux pieds, Sylvie et son époux Pascal se voient déjà revenir au printemps prochain depuis leur région parisienne : « C’est comme ça tout le temps ici ? On a même pu se baigner, je pense que j’ai bronzé, je ne m’attendais pas à me sentir en été dès maintenant. En règle générale, nous allons plutôt en Bretagne, nous ne sommes pas des grands fans de la chaleur. Mais je reconnais que c’est plus facile de rentrer dans l’eau de la Méditerranée ! »

Un tourisme de début de saison qui affiche déjà un drapeau vert, en témoigne le président de l’Umih Antibes-Juan-les-Pins Vallauris, Alain Palamiti : « Les hôtels réalisent même des chiffres un petit peu au-dessus de leurs espérances. Globalement sur la restauration, ça va. Antibes se porte bien, notamment avec l’Antibes Art Fair. Juan est un peu plus en retrait mais nous travaillons sur ce sujet. »

Le projet de renouveau de la station balnéaire, portée par différents programmes hôteliers et immobiliers en cours, se veut porteur d’une nouvelle dynamique.

Reste la question de l’impact des conflits géopolitiques, notamment sur le coût du baril : « On nage tous en plein flou. Mais, à ce stade, les indicateurs pour la suite de la saison sont favorables sur le territoire. »

Le chef d’entreprise souhaite surtout diffuser un message encourageant : « A Juan, on a le plus beau sable de la Côte d’Azur. » Chauvin parce qu’amoureux de la station, il en rappelle les atours : « On est les Caraïbes de l’Europe. Le soir, en mangeant sur la plage, face à la mer on peut se sentir aux Antilles comme à Maurice. Il ne faut pas oublier cette chance que nous avons ici. »

A Nice, un cours Saleya bondé de vacanciers, hier matin, à l’heure du marché (à droite).

A Nice, un cours Saleya bondé de vacanciers, hier matin, à l’heure du marché (à droite).
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Hiver pluvieux, été radieux ?

Et ce n’est pas Georgia Ariza-Badiou qui dira le contraire. Tout sourire dans sa boutique Mama Rock Store, cette figure juanaise affiche un bel optimisme : « De mémoire, les années où l’hiver était clément, le printemps et l’été n’étaient pas terribles… Vu l’hiver pluvieux et venteux qu’on vient de vivre, la saison va être belle, je le sens bien ! » Les bonnes ondes, elles, se ressentent déjà. Qui va là ?

D’où viennent les touristes étrangers les plus présents sur la Côte d’Azur ? Dans l’ordre du Top 5 : les ressortissants de Grande-Bretagne, d’Italie, des États-Unis, d’Allemagne et de Scandinavie sont fidèles. Pour nos cousins d’outre-Atlantique, leur présence est notamment poussée par les vols directs saisonniers. Des liaisons permettant de rallier sans escale Philadelphie, Atlanta, New York, Washington et, exceptionnellement, Los Angeles pour permettre aux Californiens de rejoindre la Croisette durant la Quinzaine.

Les vacances des Azuréens se poursuivent – comme ici à Menton – tandis que les Parisiens sont attendus sur la Côte d’Azur.

Les vacances des Azuréens se poursuivent – comme ici à Menton – tandis que les Parisiens sont attendus sur la Côte d’Azur.
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La bienvenue aux Canadiens

Parmi les petits nouveaux, les Canadiens : « + 34 % en avril, + 11 % en mai et juin, + 12 % en juillet ». Une présence que la présidente de Côte d’Azur France Tourisme attribue au travail de fond des équipes promouvant la destination auprès de l’Amérique du Nord : « On a mené une mission cette année à Montréal. Et l’hiver dernier, nous étions à Toronto. L’année prochaine, nous irons à Vancouver. » L’idée : récupérer la clientèle historique de Floride à la suite des tensions diplomatiques avec les États-Unis : « Nous œuvrons pour les faire venir tout au long de l’année, notamment l’hiver pour des séjours longue durée. Cette fois-ci plutôt dans des locations meublées. »