Par
Rédaction Nice
Publié le
19 avr. 2026 à 8h06
Le juge des référés du tribunal administratif de Nice a débouté les copropriétaires du Château de l’Anglais, sur les pentes du mont Boron à Nice (Alpes-Maritimes), qui avaient déposé un recours avant les dernières élections municipales pour s’inquiéter d’un « permis de démolir » délivré par le maire de l’époque. Christian Estrosi (Horizons) – qui a été battu par Éric Ciotti (UDR) au soir du second tour du scrutin – avait en effet autorisé le 27 février 2025 la propriétaire de la Rotonde, ancienne salle de musique du château et classée aux Monuments historiques, à procéder à sa « réhabilitation ».
« Une lourde rénovation »
Un cabinet d’architectes a en fait été mandaté pour procéder à une « lourde rénovation » – couplée à une « démolition-reconstruction » d’une « extension régionaliste » construite après-guerre à côté de la villa originelle de 1857 – et à son remplacement par un « volume contemporain », d’après PSS, une plate-forme d’échange collaborative consacrée à l’architecture.
« Les travaux ont débuté et sont irréversibles », s’inquiétait donc le syndicat des copropriétaires du Château de l’Anglais dans cette requête introduite le 11 février 2026. Cette décision du maire de Nice était « insuffisamment motivée » et portait « atteinte à un jardin d’intérêt majeur et au paysage environnant ».
Un « intérêt public » selon la Ville
En défense, la ville de Nice rappelait elle « l’intérêt public » que constituait « la restauration de la Rotonde ». Un permis de construire « modificatif » a au demeurant été obtenu le 3 février 2026, soulignait la propriétaire : le « problème des travaux qui devaient être initialement réalisés sur le fonds revendiqué » par les copropriétaires du Château de l’Anglais était à présent « réglé ». « Aucun travaux n’est prévu sur la partie litigieuse », rassurait-elle le juge des référés du tribunal administratif de Nice.
« Par un arrêté du 27 février 2025, le maire de Nice a délivré un permis de construire valant permis de démolir à Mme XXX autorisant la rénovation de » La Rotonde «, immeuble inscrit au titre des monuments historiques », commence-t-il donc par retracer dans une ordonnance en date du 27 février 2026 qui vient d’être rendue publique.
Une « villa avec piscine dans » les cartons
La « création d’une clôture la séparant du terrain du » Château de l’Anglais « » était prévue, tout comme « la démolition d’une villa, de la terrasse accolée à la Rotonde et de constructions édifiées sur le terrain » détaille le magistrat.
La « construction d’une villa avec piscine » était prévue à la place, accompagnée d’un « réaménagement des abords et espaces verts en pleine terre » : « douze arbres et arbustes » devaient être plantés et « quatre places de stationnement à l’air libre » créées au niveau du n°29 de l’avenue Jean-Lorrain.
Mais « en l’état de l’instruction » , « aucun » des arguments des copropriétaires du Château de l’Anglais « n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision » de Christian Estrosi. L’affaire sera donc désormais réexaminée par une formation collégiale de trois juges du même tribunal administratif de Nice d’ici dix-huit mois à deux ans. Dans l’immédiat, le syndicat de copropriété devra verser 1.500 € à la propriétaire de La Rotonde pour ses frais de justice.
GF (PressPepper)
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