Un ouvrage lui déplaît ? Il finira ses jours dans la corbeille à papier. En Allemagne, le critique littéraire Denis Scheck a provoqué un tollé, fin mars, lors d’une émission de la chaîne de télévision publique ARD, en jetant à la poubelle un livre récemment publié qu’il jugeait de piètre qualité.
“Dommage pour la culture”, déplore Felix Stephan dans les colonnes de la Süddeutsche Zeitung (SZ). Selon le journaliste, une telle scène n’aurait jamais pu se produire à la télévision française, car le pays accorde une grande valeur à la culture littéraire.
“Tout commence, peut-être, sur les bancs de l’école”, suggère Felix Stephan. Le journaliste évoque notamment le passage obligé par la philosophie, au lycée, pour “presque tous les adolescents français, qu’ils se destinent à une carrière de jardinier, de viticulteur ou de ministre”. Certes, tous ne sont pas passionnés par Rousseau, Kant ou Spinoza. Mais au moins, ils se seront frottés à quelques-uns de ces grands écrivains, “alors qu’en Allemagne, il est tout à fait possible de se hisser à la tête d’une grande entreprise cotée en Bourse sans avoir jamais lu la moindre ligne de philosophie”.
Une “culture littéraire” partagée
Cette culture commune, estime le journaliste allemand, se ressent dans les débats sur les plateaux des grands médias, où “il est tacitement admis que le public comprend des concepts comme la dialectique, la phénoménologie ou le surmoi”. Même chose sur France 2, le midi, où “entre deux conseils de jardinage et un bulletin météo”, des professeurs de philosophie de la Sorbonne viennent s’exprimer sur “leur dernière monographie”, sans que des explications complémentaires ne semblent nécessaires.
“Une heure trente d’émission consacrée à la littérature en prime time ? Aucun problème pour les Français”, remarque la SZ, se référant à La Grande Librairie, sur France 5. Sans battre des records d’audience, “la plus grande émission littéraire de l’Hexagone” a le mérite de perdurer, présentant aux téléspectateurs une grande diversité d’opinions et d’auteurs.
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