À Nantes, place du Commandant-Cousteau,
un rond-point à la hollandaise modifie depuis fin 2025 les
priorités entre voitures, vélos et piétons. Pour les usagers, ce
carrefour clé du quartier Bottière-Chénaie impose de nouveaux
réflexes, loin du giratoire classique.
Nantes a l’habitude des ronds-points classiques, ceux où la
voiture reste la reine. Mais dans le quartier Bottière-Chénaie, un
nouveau type de carrefour vient bousculer les habitudes : un
rond-point à la hollandaise, où les cyclistes et
les piétons passent d’abord, et les voitures ensuite. Pour beaucoup
d’automobilistes, c’est un vrai changement de décor, selon Le Bonbon.
Ce premier giratoire hollandais nantais,
installé place du Commandant-Cousteau, s’inscrit dans un contexte
bien précis : explosion de l’usage du vélo, volonté d’apaiser la
circulation et de sécuriser les mobilités douces.
Dans une France qui compte plus de 40 000 ronds-points, ce nouveau
modèle commence à se faire une place. Mais concrètement, à Nantes,
à quoi ressemble ce carrefour, et comment le traverser sans se
tromper au volant ?
Rond-point à la hollandaise à Nantes : un anneau pour les vélos
autour des voitures
Le principe du rond-point à la hollandaise
Nantes tient en une image simple. Imaginez trois anneaux
concentriques. Tout à l’extérieur, les passages piétons. Juste
après, une piste cyclable bidirectionnelle qui
entoure entièrement le giratoire. Au centre, seulement l’anneau
pour les voitures, les bus et les poids lourds. Chaque flux a sa
place, bien séparée des autres.
À l’approche du carrefour, les automobilistes rencontrent
d’abord les traversées piétonnes. Les piétons y sont prioritaires.
Juste après, ils croisent la piste cyclable qui fait le tour du
rond-point. Cette piste est dédiée aux vélos, souvent surélevée et
clairement matérialisée. Les voitures doivent y céder le passage
aux cyclistes, qu’ils arrivent de droite ou de gauche. Ce n’est
qu’une fois ces deux « anneaux » franchis que l’on accède enfin au
giratoire central des véhicules motorisés.
À Nantes, ce schéma a été choisi pour un carrefour très
fréquenté. Place du Commandant-Cousteau, au croisement de la rue de
Sainte-Luce, du mail Haroun-Tazieff et de la rue de la Haluchère,
environ 15 000 véhicules par jour passent par là, sans compter un
chronobus, bientôt le busway et des poids lourds. Le site a
longtemps été jugé complexe et anxiogène pour les cyclistes.
Ce giratoire hollandais fait partie d’un axe
vélo structurant de 3,5 km, qui relie la gare SNCF de Nantes au
quartier Bottière-Chénaie. L’ensemble de cet axe représente un
investissement d’environ 12,5 M€. Le rond-point lui-même pèse
autour de 500 000 €. L’objectif affiché de Nantes
Métropole est clair : sécuriser les déplacements à vélo et
à pied tout en maintenant la circulation automobile, mais sur un
mode plus apaisé.
Au volant à Nantes : de nouvelles priorités au rond-point à la
hollandaise
Pour un conducteur, la grande différence, c’est l’ordre des
priorités. Sur ce type d’aménagement venu des
Pays-Bas, les voitures ne sont plus
systématiquement prioritaires à l’entrée et à la sortie. Les
premiers servis sont les piétons, sur leurs passages. Viennent
ensuite les cyclistes, sur la piste qui ceinture le carrefour. La
voiture passe en dernier.
Concrètement, à l’approche du rond-point, l’automobiliste doit
ralentir nettement. Il regarde d’abord s’il y a des piétons engagés
ou prêts à traverser. Puis il vérifie la présence de vélos sur la
piste cyclable, en gardant en tête qu’ils peuvent arriver des deux
sens. Il doit leur céder le passage avant de couper la piste pour
rejoindre l’anneau des voitures, tout en respectant la règle
habituelle : laisser passer les véhicules déjà engagés dans le
giratoire.
À la sortie, même logique. Avant de quitter le rond-point, le
conducteur doit anticiper. Clignotant, coup d’œil sur les piétons, puis sur
les cyclistes qui circulent autour de l’anneau. Une zone
d’attente est prévue avant la piste cyclable. On s’y arrête si un
vélo arrive, on repart seulement lorsque le passage est libre.
Cette double vigilance change les réflexes, surtout pour des
conducteurs habitués à ne surveiller que les autres voitures.
Pour les cyclistes, la donne est plus rassurante. Ils circulent
sur une voie dédiée, à l’extérieur du giratoire, sans mêler leur
trajectoire à celle des voitures. Les croisements sont plus
lisibles, les angles morts réduits. Résultat annoncé : une baisse
importante des risques d’accident. Ce modèle, très répandu aux Pays-Bas, a
déjà montré qu’il limite fortement les chocs entre voitures et
vélos en réduisant les croisements directs.
Reste que ces nouveaux carrefours demandent un temps
d’adaptation. Beaucoup d’automobilistes ne sont pas encore habitués
à céder le passage aux cyclistes à ce moment-là du trajet. Certains
hésitent, d’autres s’engagent trop vite. Une signalisation claire
et des campagnes d’information sont évoquées pour accompagner la
prise en main. À Nantes, et plus largement en
Loire-Atlantique, d’autres projets de ce type sont
déjà à l’étude, preuve que ces ronds-points nouvelle génération
prennent de la place dans le paysage routier. Car l’objectif n’a
pas changé : mieux protéger les usagers les plus
vulnérables, sans empêcher ceux qui roulent tous les jours de
continuer à circuler.