Une image saisissante. Un contraste étonnant. Et tout un tas de questions qui, soudain, hantent nos esprits… Quasi côte à côte sous la tente officielle, le vainqueur semblait aussi frais que l’aube, quand son dauphin, arrivé une poignée de secondes plus tard, apparaissait lui presque brisé par l’effort, cramé jusqu’à l’os.

Il y avait, avouons-le, quelque chose de malaisant à voir Raphaël Montoya à ce point peiner pour récupérer et reprendre ses esprits. Être autant marqué par le destin, on va le voir, n’a pas non plus aidé à lui redonner le sourire. Pas de suite, en tout cas…

Cette édition 2026 est synonyme de record de participation : 19150 personnes sont inscrites à l’événement.

L’effet de surprise était d’autant plus grand, pour les observateurs, que peu avant la mi-course (km 8), l’impression visuelle laissée par les deux hommes – déjà seuls au monde – autorisait à croire le Niçois (déjà 2e l’an dernier, comme en 2024 du reste) capable de s’offrir un peu plus qu’un simple strapontin dans l’histoire de ce semi. Et devenir enfin prophète en son pays. Las, le pensionnaire du NCAA était à l’évidence dans un jour « sans ». N’avait pas suffisamment de carburant, ni les bons réglages moteur, pour suivre le tempo imposé par le Finistérien.

Le Niçois Raphaël Montoya dans le dur...

Le Niçois Raphaël Montoya dans le dur…
Photo Patrice Lapoirie

« La déception est grande, a murmuré l’ancien triathlète. Gagner, c’était vraiment l’objectif cette année. Mais je suis tombé sur un Florian en grande forme, particulièrement affûté. Dans la partie vallonnée, je n’ai pas pu suivre son rythme. Je manque d’entraînement, c’est clair, mais j’espérais que ça passe. Ça n’a pas été le cas, alors il faudra que je revienne si je veux enfin la gagner… »

Comme revenu des enfers…

D’humeur bien plus légère, Florian Caro se délectait de l’instant avec d’autant plus de gourmandise qu’il avait le sentiment d’être comme revenu des enfers. Imaginait que cette victoire pouvait marquer, pour lui, la fin d’une longue traversée du désert. Si, il y a 8 jours, son corps l’a une nouvelle fois trahi, l’obligeant à abandonner sur le marathon de Paris, le mauvais sort l’accable en réalité depuis bien plus longtemps.

« Malgré une opération, j’ai traîné une pubalgie pendant 3 ans. Forcément, avec le temps, le doute s’était installé. Gagner aujourd’hui, permet de rompre avec cette mauvaise passe. Et ça montre aussi que tout le travail fait à l’entraînement commence à porter ses fruits… »

Le garçon voulait toutefois relativiser un brin. Ne surtout pas surévaluer sa performance. « Aujourd’hui, c’était entre guillemets une séance test. Et elle m’a pleinement rassuré dans la perspective des championnats de France du marathon qui auront lieu dans 2 semaines. Le chrono n’est pas fou, mais j’ai pu gérer à mon train, sans avoir eu besoin d’accélérer. Mentalement, c’était un peu dur sur la fin, quand je me suis retrouvé seul, mais ça, c’est anecdotique. Le moral, lui, est revenu au beau fixe… »

Match à 3 chez les femmes

Du côté des filles, le scénario de cette 34e édition semblait, là encore, cousu de fil blanc. Et en effet, c’est bien le trio annoncé qui a fait le show, ce dimanche, sur la Prom’. Si Mathilde Sénéchal a vite semblé un poil en retrait, à moins qu’elle n’ait opté pour une tactique plus « prudente », Celia Tabet, elle, malgré son manque de références sur la distance, a longtemps cru détenir les clés. Mais a finalement du capituler face à une Inès Hamoudi, déjà 2e l’an passé, et dont les premiers mots, sitôt la ligne franchie, ont été à l’adresse de son ami et Mentonnais de club Cédric Gilles, qui lui a servi de « lièvre ».

Inès Hamoudi s’impose chez les femmes.

Inès Hamoudi s’impose chez les femmes.
Photo Patrice Lapoirie

« Ça n’a pas été si simple, j’avais oublié cette partie technique en ville, et combien ça pouvait casser les jambes… J’étais venu chercher un chrono, autour d’1h10’’, du coup je ne peux pas être entièrement satisfaite. Mais je prends ce qu’il y a à prendre et on va retourner au travail pour essayer de faire mieux la prochaine fois… »

On le lui souhaite !

Classement Semi-marathon (21,1 km)

1. Florian Caro (Stade Lesneven) 1h04’08’’

2. Raphaël Montoya (NCAA) 1h05’19’’

3. Bastien Schulz (Fra) 1h07’42’’

4. Lucas Gehin (Menton) 1h07’47’’

5. Lilian Eudier (Fra) 1h08’17’’

6. Thomas Fremo (Dan) 1h08’34’’

7. Stefano Chiavarino (Ita) 1h08’35’’

8. Julien Péché (Fra) 1h09’29’’

9. Virgil Boffelli (Fra) 1h09’38’’

10. Johan Walldén (Sue) 1h09’49’’

11. Walid Boumaza (Alg) 1h09’57’’

12. Oscar Simonsen (Monaco) 1h10’12’’

13. Houssine Ayadi (Fra) 1h10’36’’

14. Nicolas Zalejski (Fra) 1h10’54’’

15. Emerci Traulet (Fra) 1h10’59’’

16. Pierre Lavernhe (Fra) 1h11’03’’

17. Inès Hamoudi (Fra, 1re femme) 1h11’11’’

22. Mathilde Sénéchal (Fra) 1h11’38’’

30. Célia Tabet (Fra) 1h12’41’’