Il est à peine plus de 8 heures quand la tension atteint son paroxysme sur les Champs-Élysées. Après des mois d’une préparation rigoureuse, l’heure H a sonné pour nos deux coureurs. Dans un rituel propre aux coureurs, les protections thermiques volent, laissant place aux tenues de combat. Puis, le décompte : 5, 4, 3, 2, 1… Une clameur immense s’élève, libérant l’énergie accumulée et l’angoisse des derniers jours. La descente des Champs est somptueuse, offrant une perspective unique jusqu’à la place de la Concorde. Stéphane, parti 45 minutes avant Laurent, caracole sur une base impressionnante de 4′ 14″ au kilomètre. Laurent, de son côté, s’est calé sur un rythme solide de 5′ au kilomètre.

Entre beauté du décor et gestion de course

Le parcours est une carte postale : la Bastille, puis l’évasion vers le bois de Vincennes. « La nature était magnifique avec les bosquets en fleurs et le château majestueux », se souvient Stéphane. Pourtant, la stratégie de course commence déjà à se jouer. À la Bastille, Stéphane fait un choix audacieux : il fait l’impasse sur le premier ravitaillement, comptant sur ses propres gels alimentaires. À la mi-course, les voyants sont au vert. Stéphane passe au semi-marathon en 1 h 29′ 10″. Mais le marathon commence réellement après le 30e kilomètre.

L’épreuve du « mur »

C’est au 32e kilomètre que la réalité physiologique rattrape Stéphane. Le fameux « mur » se dresse devant lui. Ce phénomène, dû à l’épuisement des réserves de glycogène (le carburant du muscle), transforme chaque foulée en un combat contre la douleur. « Les douleurs aux mollets sont devenues trop fortes, j’ai été contraint de lever le pied », confie-t-il. Il franchit la ligne d’arrivée avec un temps remarquable de 3 h 04′ 51″ (3124e place). Laurent, quant à lui, connaît un scénario similaire au 35e kilomètre. Si son rythme est bon, c’est l’hydratation qui lui fait défaut. Sans eau, le glycogène ne peut être libéré efficacement. Il boucle son périple en 3 h 58’ 41’’ » (24477e place), épuisé mais fier.

Le bilan : direction Rome !

Malgré la souffrance et les erreurs de gestion hydrique pour Laurent, le sentiment d’accomplissement l’emporte. L’émotion du passage de la ligne d’arrivée efface les crampes. Déjà, les deux compères se projettent vers l’avenir. Le Marathon de Paris n’était qu’une étape : c’est désormais vers Rome qu’ils tournent leurs regards, avec l’ambition de mettre à profit l’expérience acquise pour briller sous le soleil italien.

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