Le pouvoir vénézuelien a lancé ce dimanche une série de marches dans plusieurs États du pays pour exiger la levée des sanctions contre le pays quatre mois après la capture du président Nicolas Maduro par l’armée américaine.

Baptisés « pèlerinage » par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, ces marches doivent culminer par une grande manifestation à Caracas le 1er mai.

Washington assouplit graduellement les sanctions contre le pays au fur et à mesure que Mme Rodriguez avance dans des réformes. Celle-ci a notamment fait adopter des nouvelles lois sur le pétrole et les mines ouvrant les secteurs au privé ou promulgué une loi d’amnistie qui a permis la libération de centaines de détenus politiques. Toutefois quelque 500 restent encore derrière les barreaux.

Premières mobilisations

Les premières mobilisations ont eu lieu ce dimanche dans les États de Táchira (sud-ouest), Zulia (ouest) et Amazonas (sud-ouest). Elles seront suivies d’autres activités dans les États voisins, traçant un itinéraire symbolique d’un « pèlerinage » jusqu’à Caracas.

Au Táchira, État frontalier de la Colombie, des slogans comme « La foi d’un peuple ne se sanctionne pas » et « Levez les sanctions, laissez mon peuple grandir » accompagnaient une marche dirigée par le puissant ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello.

« Nous demandons au gouvernement des États-Unis la levée de toutes les sanctions qui ont freiné le progrès et la production de la patrie », a déclaré à l’AFP Ana Elsa Contreras, enseignante de 68 ans.

La présidente par intérim, qui a promis une augmentation du revenu minimum pour le 1er mai, insiste régulièrement sur le fait que les sanctions ont des répercussions sur l’économie du pays et sur le pouvoir d’achat de millions de travailleurs.

« Chaque mesure coercitive unilatérale, au nombre de 1 081 en vigueur, est une mesure qui empêche le développement du peuple vénézuélien, c’est une mesure qui porte atteinte à l’économie, c’est une mesure qui porte atteinte au revenu des travailleurs et des travailleuses », a-t-elle affirmé depuis le pèlerinage dans le Zulia.

Le salaire minimum légal au Venezuela équivaut à 27 centimes de dollar, auxquels s’ajoutent quelque 150 dollars sous forme de primes. Ce revenu ne suffit pas à couvrir le panier de base familial, qui a coûté en mars quelque 692 dollars, selon des estimations privées.

« Ce que nous gagnons ne suffit ni pour moi, ni pour ma femme, car nous avons des enfants adolescents. Nous devons nous débrouiller en vendant des glaces et nous espérons seulement que cette augmentation du 1er mai sera réelle et suffisante. Ca suffit comme ça ! Assez de moqueries ! », a déclaré lors de la marche au Tachira Carlos Carvajal, enseignant de 54 ans.