Deux coureurs ont été victimes d’un arrêt cardiaque ce dimanche 19 avril 2026 pendant le semi-marathon de Nice. Les deux personnes, un homme de 43 ans et une femme de 30 ans, ont été réanimées sur place et transportées en urgence vers l’hôpital Pasteur. Leur pronostic vital était engagé ce dimanche après-midi. La santé des coureurs est-elle contrôlée ? Quelle est la règle pour participer à une compétition sportive ? On fait le point.
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Ce dimanche 19 avril, deux coureurs ont été victimes d’un arrêt cardiaque pendant le semi-marathon de Nice, des cas loin d’être isolés. Il y a quelques mois, en novembre 2025, un homme est mort à la fin d’un marathon Nice-Cannes. Les secours étaient intervenus alors que le coureur s’approchait de la fin du parcours. La victime, âgée de 27 ans, était originaire d’Alsace. L’homme est mort à 100 mètres de la ligne d’arrivée.
Depuis 224, le certificat médical a été remplacé sur décision de la Fédération française d’Athlétisme (FFA) par le Parcours prévention santé, le PPS. Le président-organisateur du semi-marathon, Pascal Thiriot confirme qu’il n’y a plus de certificats : « la responsabilité est renvoyée sur les fédérations. Elles ont pris cela en main : pour participer, une procédure informatique est nécessaire avec des informations sur les risques occasionnés et un numéro d’enregistrement. »
Dans les faits, il s’agit d’une auto-attestation : le nouveau dispositif s’obtient après avoir rempli un questionnaire d’autoévaluation de santé, et avoir regardé une série de courts modules vidéo sensibilisant aux risques que peut présenter une compétition pour la santé.
Moyennant 5 euros, le document est valable un an et est ensuite facilement renouvelable.
Les coureurs mineurs (catégorie U14 ou supérieure au sens de la règlementation FFA) ne réalisent pas le Pass de Prévention Santé. Pour eux, c’est une attestation par course. Avant chaque engagement, ils doivent remplir un questionnaire de santé gratuit, avec l’aide d’un parent. À la fin du questionnaire, une attestation valable uniquement pour cette course est délivrée automatiquement.

Exemple de Pass Prévention Santé (PPS).
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© Capture https://pps.athle.fr/.
Nous nous avons fait la démarche pour obtenir un PPS, rien de simple, la première étape consiste à regarder une vidéo, un professionnel de santé explique comment reconnaître les signes avant-coureurs, douleurs dans la cage thoracique, vertiges, essoufflement inhabituel… Puis, on coche une case attestant que l’on a bien compris les symptômes.
Deuxième étape, une seconde vidéo, cette fois sur les facteurs de risques, fumeurs, maladies chroniques, antécédents cardiaques familiaux. Une nouvelle fois on coche une case, attestant que l’on a bien compris quand consulter et réaliser un bilan médical.
Troisième étape et dernière vidéo très courte, sur les cas qui nécessitent une consultation ou un suivi médical. Et viens la finalisation et l’étape du paiement (5 euros) et le précieux sésame est obtenu en moins de 5 min.
L’idée de son déploiement était ainsi d’encourager la pratique sportive, sans engorger le système médical, alors que la pratique du running en France est en plein essor.
L’organisateur de la course le reconnaît, le PPS ne remplace pas un certificat : « Pour moi, le certificat médical va au-dessus de tout, là ce n’est pas le cas. »
En novembre dernier, un coureur était décédé lors du marathon Nice-Cannes, il était Alsacien, nos confrères de France 3 Grand-Est s’étaient entretenus longuement avec un médecin du sport, le docteur Olivier Wolff, médecin du sport à l’institut médico-sportif Sud Alsace de Mulhouse. Pour ce dernier : »un suivi chez un cardiologue paraît opportun, car il peut permettre de détecter une anomalie. Mais la médecine ne peut pas tout prévoir ».
Tout peut avoir été bien fait, la préparation, le suivi médical, et le jour de la course, dans l’effort, une anomalie se révèle, parfois fatale
Dr Olivier Wolff, médecin du sport
L’électrocardiogramme permet de vérifier comment le cœur réagit au repos ou à l’effort : »Pour ma part, je pratique l’électrocardiogramme dès lors qu’un patient vient consulter en vue de valider une activité physique. Lorsque les patients sont jeunes, il est vrai que nous ne faisons pas systématiquement de test à l’effort, qui permet de surveiller l’évolution de l’activité cardiaque pendant la dépense physique. Il permet en effet d’aller plus loin dans le dépistage d’éventuelles anomalies » confiait le médecin.
Ce dernier évoquait aussi d’autres facteurs comme le ressenti le jour-J, si l’ont a été touché par un virus les semaines précédentes ou encore la chaleur.
Un autre facteur est le nombre de participants, ce dimanche 19 avril, plus de 19 000 personnes ont couru à Nice, un record absolu pour le semi-marathon. Pour Pascal Thiriot cela rentre aussi en compte : « 14 millions de personnes font du jogging en France, plus il y a de monde, plus il y a de risques. »