Ils dormaient depuis un demi-siècle dans l’atelier du plasticien Edmond Varnassa, au port de Nice, à l’abri des regards.

Proposés aux enchères à Antibes dimanche, à la Bastide du Roy, par la maison de ventes Metayer-Mermoz, les dessins de Joan Miró ont trouvé preneur pour un total de 2.113.825 euros, frais inclus.

Ils étaient le clou du spectacle d’une vente consacrée aux « Arts du XXe siècle », qui proposait plus de 380 lots.

Au total, la vente aux enchères a atteint 2 845 247 euros. À elles seules, les œuvres du maître catalan en représentent l’essentiel.

Les deux pièces maîtresses, des dessins panoramiques datés de 1971 et longs de plus de quatre mètres, ont été adjugées 1.914.650 euros.

Elles étaient estimées entre 400.000 et 800.000 euros. Selon la maison de ventes, une véritable bataille d’enchères opposant plusieurs collectionneurs français et américains, présents en salle, au téléphone ou en ligne, a éclaté.

Commandés par Marguerite et Aimé Maeght pour décorer leur appartement parisien, ces modèles devaient servir pour un garde-corps en plexiglas.

L’artiste surréaliste catalan en avait confié la fabrication au plasticien niçois.

Quatre fois l’estimation haute

La troisième œuvre, plus modeste par la taille, a elle aussi créé l’événement. Cet ovale double face, de 39 centimètres, était estimé entre 30.000 et 50.000 euros.

Il est finalement parti à 199 175 euros, soit près de quatre fois son prix haut.

Réalisé en 1972 pour la promotion touristique de l’île de Majorque, le dessin a été reproduit sur près de 100.000 affiches et même décliné en sculpture et en médaille. Miró a retravaillé l’œuvre avant de l’offrir à Varnassa.

Le plasticien niçois en a réalisé plusieurs essais en plexiglas coloré.

L’un de ces exemplaires se trouvait toujours dans son atelier.