Elle était là, vêtue de bleu marine, sur la scène, sous la lumière des projecteurs. Ce n’était pas un spectacle. Ce n’était pas une actrice qui se produisait devant la salle pleine de Poirel. C’était Gisèle Pelicot. Elle est venue rencontrer ses lecteurs, lundi soir, pour parler de son livre, Et la joie de vivre , paru en février dernier, écrit avec la romancière Judith Perrignon.

« Elle touche toutes les femmes »

Cette rencontre, organisée par Le Livre sur la Place, a duré exceptionnellement 1 h 30 pour permettre au public de poser des questions à celle qui est devenue mondialement connue par le procès des viols de Mazan.

Animée par la commissaire générale du Livre sur la Place, Sarah Polacci , elle avait commencé par de longues secondes d’applaudissement lorsque Gisèle Pelicot est apparue. Avant de commencer à poser ses questions, Sarah Polacci a demandé à ne pas utiliser et être sur les téléphones lors de ce moment. Car, oui, rencontrer Gisèle Pelicot est une chance. De la voir face à face, au lieu de la voir à la télévision ou bien sur une photo, est rare.

Pendant une heure, elle a raconté son histoire, non pas seulement ce qui la lie au procès pour viols commis par son mari Dominique Pelicot et 50 individus anonymes : elle a aussi évoqué la perte de sa mère à l’âge de 9 ans et sa vie aujourd’hui.

Pour elle, ce livre « est une forme de thérapie. Aujourd’hui, je suis une femme apaisée et heureuse ». Avant d’exprimer plusieurs fois : « Ce n’est pas aux victimes d’avoir honte », « La honte a changé de camp ».

« J’ai eu des frissons »

Ensuite est venu le temps des questions du public. « Vous êtes devenue un symbole féministe transgénérationnel », déclare une membre de l’association étudiante féministe de Sciences Po Nancy. Pour pouvoir s’adresser à Gisèle Pelicot, il fallait être chanceux. Car au vu du nombre de mains levées et du timing serré, toutes les questions n’ont pas pu être posées. La rencontre s’est terminée pendant de longues minutes d’applaudissements.

Avant de partir de la salle Poirel, le public pouvait disposer leurs livres afin que l’autrice puisse les dédicacer un peu plus tard. Plus d’une centaine attendent un mot et l’écriture de Gisèle Pelicot.

Parmi les spectateurs, il y a eu un mélange d’émotions, à l’image d’Inès et Élodie qui ont eu « des frissons. C’était émouvant ».