La situation politique à Saint-Laurent-du-Var prend des allures de véritable casse-tête stratégique.

D’un côté, la scène municipale, où s’affrontent la majorité du maire (LR) Joseph Segura et son opposition (RN-UDR) Rafaël Quessada.

De l’autre, la Métropole Nice Côte d’Azur, où les deux collaborent avec le nouveau président Éric Ciotti (UDR).

Le premier comme 4e vice-président en charge des Activités portuaires et maritimes, le second comme allié objectif au titre des alliances entre partis.

Comment pouvez-vous être dans l’opposition au conseil municipal de Saint-Laurent-du-Var, tout en siégeant dans la majorité au conseil métropolitain aux côtés du maire Joseph Segura ?

Je m’opposerai constamment aux mesures prises par la majorité municipale qui vont à l’encontre des intérêts des Laurentins et je soutiendrai sans faille toutes les initiatives qui vont dans le bon sens. J’invite le maire, Joseph Segura, qui a décidé de tourner le dos au groupe estrosiste pour rejoindre la majorité métropolitaine d’Éric Ciotti, à prendre en compte le résultat de l’élection. Il serait pertinent qu’il m’inclue davantage, par exemple en m’accordant une vice-présidence de commission ou en donnant davantage de moyens et de locaux à mon groupe pour travailler.

Le maire est favorable à l’arrivée de la ligne 4 du tramway sur la commune. Vous semblez beaucoup plus sceptique. Quelle est votre position ?

Je demande à Joseph Segura de faire un référendum local sur la question du tramway. Il faut relancer le débat. Il a été élu en 2020 sur la promesse d’un tramway qui desservirait le centre-ville et non sur un tracé qui ne va desservir que 1,8 km de côte et seulement quatre arrêts à Saint-Laurent-du-Var. Il nous faut réfléchir à d’autres solutions, car on n’a pas besoin d’un tramway pour requalifier une avenue.

En parallèle de votre rôle au conseil municipal, vous annoncez la création d’une association. Quel est son but ?

Au conseil municipal, nous sommes un groupe de neuf élus, mais cette forme administrative n’a pas de moyen juridique ou politique de s’exprimer à l’extérieur. C’est pourquoi nous créons l’association « Les Laurentins d’abord ». Elle va permettre d’être le relais de notre groupe et de continuer le combat politique. Je ne suis pas de ceux qui perdent les élections et disparaissent pendant six ans. Nous organiserons une première assemblée générale le 25 avril qui prendra la forme d’un événement de lancement à la salle Roger-Ferrière à Saint-Laurent-du-Var.

N’y a-t-il pas un paradoxe à vouloir travailler avec le maire sur certains dossiers tout en continuant un combat politique assumé en dehors du conseil ?

Non. Je peux m’opposer politiquement à Joseph Segura, car nous n’appartenons pas à la même famille politique, tout en travaillant avec lui dans l’intérêt de la commune. À 26 ans, j’appartiens à une génération qui veut renverser la table et offrir aux citoyens des responsables politiques qui soient véritablement responsables.