Elle a posé ses valises à Ajaccio, où elle réside entre deux voyages. Mais avec l’activité qui est la sienne, ce n’est pas tous les jours qu’Élise Blanchard se lève en contemplant les eaux calmes du golfe.
À trente-quatre ans, cette photojournaliste a déjà une solide expérience du métier, en particulier des zones de guerre. Il y a quelques jours encore, elle était dans la ville de Kharkiv, en Ukraine, au cœur d’un des conflits les plus meurtriers de l’époque. « Je voulais couvrir cette guerre sur laquelle les médias sont beaucoup moins présents qu’au début, confie-t-elle. Je voulais aider à ce qu’on n’oublie pas ce pays et ce que vivent ses habitants. »
Dans l’intimité des reporters ukrainiens
Ce séjour de six mois – rendu possible par une bourse de l’International Women’s Media Foundation (IWMF) et par un parrainage de Corse-Matin – était voué à la réalisation d’un projet éditorial précis : photographier le quotidien des journalistes locaux travaillant sur la zone de conflit. Un quotidien d’une grande dureté physique et psychologique. « Il y a beaucoup de femmes et de jeunes, car nombre de journalistes hommes ont été enrôlés dans l’armée, explique-t-elle. Le travail génère une pression …