A la veille d’un vote décisif prévu mardi 21 avril 2026 à 18 heures, la présidence de Plaine Commune cristallise les tensions entre élus de gauche en Seine-Saint-Denis. Le maire PS de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, a annoncé lundi sa candidature face au maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, jusque-là seul en lice.
Dans un message publié sur X, Karim Bouamrane a déclaré : « J’ai décidé d’être candidat », dénonçant dans la foulée une orientation politique qu’il juge problématique. Selon lui, les prises de position de son rival et de cadres de La France insoumise « ont confirmé clairement la volonté de faire de Plaine commune une base arrière pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon » en vue de 2027. Il a également mis en garde contre « une présidence à Plaine commune dont le seul intérêt est de servir de caisse de résonance politique à LFI ».
Bras de fer entre Bouamrane et Bagayoko
Le maire de Saint-Ouen a aussi brandi la menace d’un bras de fer financier en cas d’élection de Bally Bagayoko. « A Saint-Ouen, nous sommes le plus grand contributeur net par habitant. Je peux me retirer. Et en attendant, je ne verserais plus les contributions qui s’élèvent à plus de 26 millions par an », a-t-il affirmé, évoquant une possible « crise financière, institutionnelle » pour l’intercommunalité. Il a par ailleurs adressé « un message clair » à Jean-Luc Mélenchon. « Je ne me soumettrai jamais à son diktat. »
Face à ces accusations, Bally Bagayoko a rejeté toute instrumentalisation politique de sa candidature. « Je suis membre de La France Insoumise, mais je suis soutenu par d’autres maires », a-t-il rappelé, estimant que « l’EPT n’a pas vocation à devenir la base arrière de LFI : on est en plein délire ! ». Il s’est dit « attristé » par l’attitude de son adversaire, évoquant « une forme de panique » et assurant vouloir travailler « avec l’ensemble des maires, y compris le maire de droite ».
Une structure stratégique du Grand Paris
Cette élection intervient dans un contexte politique local renouvelé, après la victoire récente de Bally Bagayoko à Saint-Denis, deuxième ville d’Ile-de-France. Il bénéficie du soutien de plusieurs élus, dont Aly Diouara (La Courneuve), Mohamed Gnabaly (L’Ile-Saint-Denis) et Azzédine Taïbi (Stains). La présidence de Plaine Commune, occupée depuis 2020 par le socialiste Mathieu Hanotin, concerne une intercommunalité de 460.000 habitants et 2.200 agents.
L’établissement public territorial regroupe huit communes de Seine-Saint-Denis, majoritairement dirigées par des maires de gauche, dont Saint-Denis, Saint-Ouen-sur-Seine, Aubervilliers ou encore Epinay-sur-Seine. Le scrutin de mardi pourrait ainsi redéfinir les équilibres politiques au sein de cette structure stratégique du Grand Paris.