Et si les ressources non utilisées d’une entreprise pouvaient servir de matières premières à une autre ? C’était le sujet de l’atelier de synergies inter-entreprises organisé ce mardi 14 avril, dans les locaux de Leroy Merlin à Nice par la Chambre de commerce et d’industrie Nice Côte d’Azur, en partenariat avec le Collectif Energia, la Métropole Nice Côte d’Azur, Indusparc (ex-CAIPDV), EA Eco-entreprises et la commune de Saint-Laurent-du-Var. Une initiative qui s’inscrit dans une démarche plus large d’écologie industrielle, déployée sur le territoire depuis plusieurs années. Pensés comme des espaces d’échanges concrets, ces ateliers permettent aux entreprises de confronter leurs besoins et leurs ressources afin de faire émerger des coopérations locales efficientes. « L’idée, c’est que la ressource d’une entreprise, qui n’est pas valorisée, puisse devenir une matière première pour une autre », explique Nathalie Gadel, responsable du pôle Développement durable et Economie circulaire à la CCI.

Ces rencontres, organisées régulièrement depuis 2021, réunissent entre 20 et 30 entreprises de toutes tailles et de tous secteurs. Matières, équipements, compétences, les ressources mobilisables sont multiples et peuvent donner lieu à des synergies très concrètes, comme la mutualisation de collectes de déchets ou le réemploi de matériaux logistiques.

Une dynamique encore émergente à Nice

Si ces démarches sont déjà bien structurées sur certains territoires comme Carros, elles restent en phase de lancement sur l’ensemble de la Plaine du Var. « C’est une initiative nouvelle sur Nice Métropole. Nous allons nous mobiliser davantage pour aller chercher les entreprises et amplifier l’impact sur le territoire », souligne Claire Peradotto, à la tête du Collectif Energia.

Une vingtaine de chefs d’entreprise ont participé à cette première session niçoise, un signal jugé encourageant par les organisateurs. L’enjeu reste désormais d’élargir la mobilisation, notamment auprès des entreprises industrielles ou de production, plus directement concernées par les flux de matières et de déchets potentiellement revalorisables. Ces synergies répondent aussi à des enjeux économiques comme la réduction des coûts, l’optimisation des ressources et le développement de nouvelles activités. L’approche repose sur une méthode participative, avec un recensement des offres et besoins dans une base de données, facilitant l’identification de collaborations possibles.

Une coopération territoriale au cœur de la démarche

Ce premier atelier constitue la première étape d’un processus en deux temps. Un second rendez-vous est prévu le 23 avril à Carros pour concrétiser les synergies identifiées. Cette année, la démarche s’inscrit également dans le cadre du projet européen ECCELSI, visant à renforcer les symbioses industrielles entre entreprises françaises et italiennes. Une dimension transfrontalière qui illustre la volonté d’élargir ces coopérations au-delà du seul territoire local. Pour les partenaires, l’enjeu est clair : faire de la coopération inter-entreprises un levier structurant de la compétitivité durable. « Seul, on ne va pas loin. Plus on se mobilise collectivement, plus on peut répondre aux enjeux du territoire et imaginer l’économie de demain », insiste Claire Peradotto.