Thomas Loirat, conseiller technique à la fédération des maraîchers nantais

C’est une plante fragile qui pâtit aussi du réchauffement climatique. Le muguet, produit à 95% en Loire-Atlantique, vient tout juste d’être récolté dans le grand ouest, une cueillette un peu précoce, comme souvent ces dernières années. 2026 n’échappe donc pas à la règle en Pays de la Loire. Et cette précocité des petites clochettes contraint les professionnels du secteur à s’adapter et tout faire pour conserver au mieux les brins, les techniques sont devenues au fil du temps, bien rôdées. Et les producteurs du pays nantais sont plutôt sereins. C’est ce que nous dit Thomas Loirat.

 

« C’est une belle année, on a la qualité aux champs, mais c’est une année en avance. C’est à prendre en compte, évidemment, il y a un dérèglement climatique. On voit qu’on a des années qui sont en avance. Après, on a un savoir-faire nantais. Les producteurs savent s’adapter à ce climat. On a les infrastructures aussi pour conserver le brin, pour garantir une fraîcheur pour le client.

– Qu’est-ce qu’on met en place spécifiquement, justement, pour garder la qualité du muguet ?

On va essayer de cueillir le plus tard possible. On va donner certaines consignes aux cueilleurs pour avoir le brin le moins fleuri, une fois cueilli. Cette année, on fera deux voire trois passages dans chaque planche pour essayer de cueillir le plus tard possible aussi pour garantir cette fraîcheur-là ».

« Tous les brins sont repris un par un »

 

Et après la cueillette, place désormais à une autre étape, le calibrage. Après avoir été cueillis à la main par les saisonniers dans les champs, les brins de muguet sont disposés sur un tapis afin d’être triés par les saisonniers, c’est la fameuse étape de la calibreuse, comme à la serre des trois moulins à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, au sud de Nantes, avec Thomas Loirat, conseiller technique à la fédération des maraîchers nantais.

« Les bouquets sont mis comme ça dessus, les opérateurs les récupèrent, ils les prennent brin par brin et ils les mettent dans la calibreuse. On va sortir différentes qualités, donc il y a l’extra, le premier choix, etc. Mais tous les brins sont repris un par un. Au champ, on les cueille évidemment un par un, on les met en bottes de 50, que l’on met dans des caisses, en polystyrène, après ça passe ici, et on les reprend un par un pour les calibrer ».

– Donc là, ça commence ?

« Là c’est parti là ! »

 

Et pour faire partie de la catégorie « extra », les brins doivent respecter quelques critères : disposer d’une belle hauteur, d’une tige épaisse et d’une hampe florale. Cette année, en Pays de la Loire, 60 millions de brins devraient être récoltés sur une surface de 150 hectares, une récolte similaire à celle de l’an dernier selon Thomas Loirat.

 

Autre bonne nouvelle, aussi, la possibilité donnée aux fleuristes d’ouvrir le 1er mai. Un signal positif envoyé à la filière selon le conseiller technique pour les maraîchers nantais :

« C’est une bonne chose pour eux (les fleuristes), afin de garantir un chiffre d’affaires pour le 1er mai, et puis bonne chose aussi pour nos maraîchers nantais. Les fleuristes représentent un tiers de leur vente. Après, les circuits de distribution, c’est fleuristerie, grandes distributions, c’est principalement ça, puis grossistes. Sur l’ensemble des Pays de la Loire, on estime à peu près à 60 millions de brins sur une surface de 150 hectares de production de muguets.

– Cette année ?

Cette année.

– C’est mieux que l’an dernier ?

C’est linéaire ».