Les pays membres de l’Union européenne vont discuter de leur accord d’association avec Israël, à la demande notamment de l’Espagne. En quoi consiste cet accord et pourquoi plusieurs pays souhaitent y mettre fin ? On vous explique.

Un accord d’association est signé entre l’Union européenne et un pays tiers et « vise à fournir un cadre juridique et institutionnel approprié pour le dialogue politique et la coopération économique », détaille le site de la Commission européenne.

L’UE, premier partenaire commercial d’Israël

Un volet économique qui a son importance. L’UE et Israël ont notamment développé un accord de libre-échange concernant les secteurs industriel et agricole.

Comme l’explique le média touteleurope.eu, l’Union européenne est le premier partenaire commercial d’Israël. En 2024, 28,8 % des exportations israéliennes étaient à destination de l’UE, et 34,2 % des importations de l’État hébreu provenaient des Vingt-Sept. Un échange de marchandises évalué à 42,6 milliards d’euros, selon la Commission européenne.

L’accord a également permis d’intégrer l’État hébreu au partenariat Euromed – le volet de la politique de voisinage de l’UE qui concerne les pays du pourtour méditerranéen –, au programme Erasmus + mais aussi au programme Horizon Europe pour l’innovation et la recherche.

« Le respect des droits de l’Homme »

Mais cet accord pourrait être remis en cause. En effet, il repose notamment sur « le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques », comme l’indique l’article 2 du texte. Or, plusieurs pays de l’UE accusent Israël de ne pas respecter ce principe, notamment vis-à-vis du territoire et du peuple palestinien. Et désormais vis-à-vis du Liban, où les frappes israéliennes sont jugées « disproportionnées ».

Les Vingt-Sept ont déjà gelé le dialogue politique au niveau ministériel de 2012 à 2022 pour ces raisons. Et depuis 2023, et la dégradation de la situation dans la bande de Gaza, les remises en question sur l’accord d’association ont été nombreuses, sans jamais que les Vingt-Sept arrivent à un consensus sur la question.

Lundi 20 avril 2026, la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas a déclaré que des États membres avaient de nouveau mis la question sur la table. Elle sera évoquée ce mardi pendant une réunion des ministres des Affaires étrangères au Luxembourg.

L’Espagne, soutenue par l’Irlande et la Slovénie, a demandé la rupture de l’accord, ce qui nécessiterait une unanimité parmi les Vingt-Sept. La Commission européenne a quant à elle proposé une suspension partielle, une décision qui peut être prise à la majorité qualifiée, rappelle l’Agence France-Presse (AFP).