Début septembre 2025, la ville de Cesson-Sévigné annonçait la création de son premier complexe de padel solaire, situé en bord de Vilaine, boulevard de Dézerseul. Ce hangar, de plus de 2 000 m2, accueillera six terrains de padel semi-indoor et sera équipé de 1 053 panneaux photovoltaïques pouvant produire près de 580 MWh d’électricité chaque année. Mais ce projet dit innovant, et développé en partenariat avec les entreprises cessonnaises SeeYouSun et LATRIBU padel, avait été remis en cause en début d’année par un collectif de riverains.
Le syndicat des copropriétaires de l’immeuble Parc de Grippé et trois autres copropriétaires ont donc déposé, auprès du tribunal administratif de Rennes, un recours en référé contre le permis de construire délivré le 8 janvier 2026 par le maire de Cesson-Sévigné. Les requérants contestent notamment ce projet en raison de nuisances visuelles et sonores, arguant de la proximité immédiate avec leur copropriété. Le collectif pointait du doigt également l’absence d’autorisation ERP, le manque de consultation de la commission de sécurité ou encore un dossier de demande de permis de construire incomplet.
Confusion entre pickleball et padel
Mais le 8 avril dernier, le tribunal administratif de Rennes a rejeté la requête remettant en cause l’intérêt à agir des requérants. Le juge a écarté leurs arguments, soulignant que la distance de 110 mètres entre la copropriété et le complexe de padel, combinée à une séparation par la Vilaine et une rangée d’arbres, limite l’impact visuel depuis la copropriété. Autre coup dur pour les riverains, leur argument des nuisances sonores a également été balayé. Le juge a retenu les préconisations d’une distance minimale de 100 mètres entre les terrains de padel et les habitations. Une référence jugée plus pertinente que l’étude américaine sur le « pickleball » fournie par les requérants… un sport de raquette différend du padel.
Le juge des référés a donc estimé que les éléments fournis par les riverains, « qui n’ont pas la qualité de voisins immédiats », n’apportaient pas de preuves suffisantes sur le fait que le projet affectait « directement leurs conditions d’occupation, d’utilisation ou de jouissance de leur bien ». De son côté, la commune de Cesson-Sévigné a indiqué qu’une demande de permis modificatif a été déposée et est en cours d’instruction.