Sans abonnement, sans pub et sans aspiration de données personnelles. Une entière gratuité de l’application numérique créée par Antoine Le Baron, Amaury Richard et Yann François, dans leur atelier de Quimper, difficile à croire pour les utilisateurs. Et pourtant, elle s’appelle Skipple Shield et permet de neutraliser la quasi-totalité des appels commerciaux assaillant de plus en plus régulièrement nos téléphones portables et smartphones. Sur le plan technique, ça n’est pas vraiment une innovation. Ce qui l’est en revanche carrément, c’est d’avoir pris le parti de la partager sans aucune contrepartie. Mais alors, pourquoi et comment ?

Pied de nez au modèle classique

« Nous n’avons pas créé cette application en mode projet, mais en dilettante », se marre Antoine Le Baron, qui dit avoir, certes, beaucoup travaillé sur la construction du code de Skipple Shield, mais « avoir pris un pied énorme ». « Notre développeur, Amaury, lui, a vécu ça comme un défi. »

Très vite, avec Yann François le commercial du trio, ils ont pris le parti de « ne pas en faire un business », un peu comme on fait un pied de nez aux démarches mercantiles. Antoine Le Baron parle même d’un retour cadeau vers la communauté du Web.

J’ai pris un pied énorme à travailler sur ce projet

« C’est simple. Le modèle économique d’une appli prévoit soit un achat dès l’installation, soit un abonnement au terme d’une période d’essai, soit un usage non payant en échange de diffusion de publicité, soit un usage gratuit qui cache, en fait, l’aspiration et l’appropriation de certaines de vos données », explique Antoine Le Baron, jurant que Skipple ne s’inscrit dans aucune de ces logiques. « La ligne de code n’aspire aucune donnée. »

Miser sur la visibilité du nom Skipple

Alors quoi ? Eh bien, jouant la transparence jusqu’au bout, les trois Quimpérois expliquent : « En diffusant gratuitement l’appli, nous misons sur la visibilité du nom Skipple et la construction d’une notoriété ». Parce qu’en réalité, le trio a enfourché, depuis quelques années, un autre cheval de bataille, véritable innovation : il développe une borne d’alerte de secours autonome, le SécuriPhone ®.

Une dernière version devrait sortir de l’atelier quimpérois fin 2026. Grâce à l’unification de certaines technologies, ce « SecuriPhone Neo » devrait proposer un nouveau bond, notamment en termes d’autonomie de communication.

Dans le fond de son atelier quimpérois et se laissant doucement porter par la vague de notoriété qu’il voit se développer avec la diffusion gratuite de Skipple Shield, Yann François imagine même que le mot SécuriPhone soit adopté dans le langage courant comme le terme générique désignant la fonction. « Un peu comme une célèbre marque a fini par désigner tous les réfrigérateurs. »

Neutraliser les appels commerciaux : comment fonctionne Skipple Shield
« Aujourd’hui en France, les démarcheurs téléphoniques doivent utiliser des listes de numéros de téléphone. C’est simple : tous les préfixes de démarchages sont bloqués par l’application. On peut évidemment y ajouter classiquement des numéros choisis », explique Antoine Le Baron. L’équipe de Skipple a ajouté un filtre ne permettant l’accès que des numéros figurant au répertoire. Mieux : « On a intégré un dispositif destiné à tromper une autre sorte d’appels, tout aussi nombreux : ceux-là sont générés automatiquement juste pour valider le fait que votre numéro est opérationnel. Avant d’intégrer des listes ensuite revendues », explique Yann François. « Dans ce cas, l’appli génère un signal laissant croire que votre ligne n’existe plus. » Skipple Shield est déjà distribuée sur Play Store (Android). « Elle a été épluchée sous tous les angles par les équipes de Google Développement. Elle devrait l’être par Apple pour IOS dans quelques mois. »