Vous avez peut-être aperçu quelque chose ressemblant à une boule de feu dans le ciel de la Côte d’Azur, ce lundi 20 avril 2026 vers 20h30.
Le phénomène était particulièrement visible dans le secteur de Monaco et a été immortalisé par de nombreuses personnes, dont certaines ont publié la vidéo sur les réseaux sociaux.
Astéroïde ? Morceaux de satellite ? Ovni ? Rien de tout ça.
Il s’agissait du largage de cinq pilotes de wingsuits depuis un hélicoptère, dont trois portaient une sorte de jet de scène très puissant projetant des étincelles.
3.000 mètres d’altitude
« C’est une idée que j’avais en tête depuis un moment », explique Tristan Doucet, 27 ans. Ce kinésithérapeute, qui exerce à Monaco après y avoir grandi, pratique le parachutisme en loisir depuis 2021.
Le vol de lundi soir constituait la « première pièce » d’un « gros projet à venir ». « Je ne peux pas trop en dévoiler pour l’instant, il faut que je m’assure que ce soit réalisable avant de vendre du rêve », plaisante le Monégasque.
Un peu après 20 heures, il est monté en hélicoptère avec trois de ses amis et son coach, Stéphane Zunino, véritable pointure dans le milieu avec environ 23.000 sauts et des dizaines d’années d’expérience à son compteur.
Arrivés à exactement 3.000 mètres d’altitude au large de la Principauté, ils ont sauté dans le vide et ont plané pendant 2 minutes 30 pour atterrir sur la plage du Golfe Bleu à Roquebrune-Cap-Martin.
« Sauter d’un hélicoptère c’est comme depuis un plongeoir : une grande chute, ici de 200/300 mètres. Ça n’a rien à voir avec un avion », assure le natif de Nice.
« Le crépuscule se voyait au-dessus du manteau nuageux. C’était comme un tapis rouge au-dessus, et tout noir en dessous avec la vue nocturne sur Monaco. L’un des plus beaux sauts de ma vie. »
Rendre visible un sport peu médiatisé
Derrière le spectacle se cache tout un réseau de complications et de logistique. De nombreuses autorisations étaient nécessaires, émanant de Monaco, la France mais aussi l’aéroport de Nice, et gérées par la société HAGTime.
La visibilité était très réduite à cause de la météo. « On a failli annuler au dernier moment, les nuages n’étaient pas prévus. À Monaco, c’est très compliqué avec le relief montagneux d’un côté et la mer de l’autre, on ne pouvait pas s’écarter du plan de vol. »
Tristan Doucet avait déjà sauté en wingsuit en novembre 2024, à l’occasion de la fête nationale monégasque, avec des fumigènes rouges et blancs.
Problème : dû à l’altitude du vol, le rendu n’avait pas été à la hauteur de ses espérances.
Pour y remédier, il a fait appel à la société ALM Monaco pour équiper les combinaisons de rubans Led. Aucun doute, cette fois les pilotes ne sont pas passés inaperçus.
Et c’est là le but de la manœuvre. « C’est un sport très niche, qui est peu médiatisé. En plus d’être invisibilisés, nous sommes très hauts dans le ciel donc il est impossible de nous voir. »
Tristan Doucet, qui pratique au Cercle parachutiste de Nice et au CERPS de Tallard dans les Hautes-Alpes, souhaite surtout partager sa passion et se connecter au public.
« J’espère que le spectacle leur a plu d’en bas ! »