Parcours sans faute pour les vins 2025 de Bordeaux, rouges comme blancs, qui ont connu un millésime d’anthologie « dont le déroulé comme le dénouement suscitent un réel enthousiasme et nourrissent des attentes légitimes » résument les chercheurs en œnologie de l’Université de Bordeaux.
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l n’y a pas de mystère alors que la semaine des primeurs 2025 bat son plein à Bordeaux pour découvrir les qualités du millésime en cours d’élevage : « seule la dégustation attentive permettra d’éviter les généralisations abusives » indique le rapport du millésime 2026 par l’Unité Mixte de Recherche œnologie* de l’Institut des Sciences de la Vigne et du Vin de l’Université de Bordeaux (ISVV). Sans simplification extrême, ce rapport de millésime confirme la place de choix de 2025 dans la série qualitative des millésimes en 5, car « les cinq conditions qui font la qualité d’un millésime de rouge à Bordeaux, souvent évoquées dans nos rapports, à savoir le caractère précoce et rapide de la floraison puis de la nouaison, l’arrêt de croissance végétative avant la véraison, une maturation complète des différents cépages assurée par un fonctionnement optimal du feuillage jusqu’aux vendanges et un temps clément permettant de récolter chaque parcelle au niveau de maturité souhaité, ont été globalement remplies en 2025 ».
Avec « une année qui restera dans les mémoires comme une véritable réussite du vignoble bordelais », les vins rouges sont donc d’un niveau qualitatif élevé, avec de la place pour des pépites sortant du lot : « les meilleurs atteignent un niveau épatant, qui rivalise avec la qualité des plus grands millésimes tout en préservant des niveaux d’alcool modérés, à condition d’avoir évité une extraction excessive de polyphénols naturellement très abondants ». A fort potentiel, la matière première récoltée devait en effet être vinifiée de manière raisonnée dans les chais (en s’adaptant notamment aux pellicules épaisses).
Année à rouge comme à blancs
Si les vins rouges bordelais ont connu un millésime qualitatif entre stress hydrique estival et rapide récolte précoce, les vins liquoreux ne sont pas en reste ce millésime : « dans le Sauternais, les conditions d’alternance de périodes humides et sèches, permettant successivement l’installation de la pourriture noble et la concentration des raisins, ont été parfaitement remplies en 2025 » notent les chercheurs, pointant que « le déroulé du millésime s’est avéré là aussi quasi conforme à un idéal théorique, avec des raisins arrivant à maturité précocement dans un parfait état sanitaire ».
Après des récoltes difficiles, climatiquement et économiquement, « à l’heure de dresser un bilan du millésime écoulé et de déguster les différents vins qui en résultent, 2025 apparaît comme un répit bienvenu, dont le déroulé comme le dénouement suscitent un réel enthousiasme et nourrissent des attentes légitimes » soulignent les chercheurs en œnologie. Constaté pendant les présentations en primeur, ce potentiel qualitatif doit désormais se traduire commercialement par l’intérêt pour les primeurs des acheteurs, des particuliers aux négociants en passant par les distributeurs.
Aussi fascinante qu’ingrate
« La viticulture est une activité aussi fascinante qu’ingrate, sujette à de nombreux aléas dont l’instabilité climatique actuelle ne fait que renforcer l’amplitude » indique l’ISVV. De même la campagne de mise en marché fait face aux vents contraires économiques et géopolitiques. Jusqu’au miracle d’un millésime en cinq ?
* : La note est cosignée par le docteur Valérie Lavigne, les professeurs Laurence Geny, Élodie Guittard et Axel Marchal.