« C’est votre deuxième victoire de la saison. Vous y prenez goût ?
Oui, on va dire ça, sans doute.

Qu’a-t-elle de différent, celle-ci ?
Déjà, il y avait un play-off, ça a duré beaucoup plus longtemps. Un peu plus de suspense, un peu plus de pression à la fin, c’était vraiment long, on ne savait pas trop ce qu’il allait se passer. Le 18, comme c’est un par 5 qui est presque atteignable pour nous, c’était birdie, birdie, birdie, par, par, c’était vraiment difficile de savoir ce qu’il allait se passer. Évidemment, c’est différent chaque fois, c’est le golf.

Le fait d’avoir déjà gagné cette saison, est-ce que ça vous a aidé pour aller chercher cette deuxième victoire ?
Je pense que je me suis dit que c’était possible, que j’avais déjà gagné (lors du Ford NSW Women’s Open, le 1er mars). C’était plus simple. Plus simple de se parler positivement, de se dire que je peux le faire.

Comment avez-vous vécu l’interruption et le fait de finir aussi tard ?
C’est vrai qu’il y avait déjà des éclairs au départ du 16, après on est allé au green, et au green du 16, ils ont arrêté. Au 13, je vois sur le leaderboard qu’il y a une fille à -19, et je me dis que je suis vraiment loin, qu’il va falloir faire pas mal de birdies. Je crois que sur le 14, je fais eagle, ça me remet bien. Et après, le 15 et le 16, ils sont un peu durs, donc le par c’était très bien. Après, pour l’interruption, je me suis dit juste que j’essayais de faire le mieux possible, le maximum de birdies. C’était un peu énervant d’être arrêtée, mais bon c’était comme ça, il ne fallait pas le prendre en mode énervé, sinon ça ne sert à rien. Finalement, ça a peut-être tourné dans ma faveur, je ne sais pas.

Qu’est-ce qui a fait que mentalement, vous avez réussi à repartir comme vous l’avez fait après cette interruption ?
Je me suis parlé un peu à moi-même, je me suis dit : « Ça va aller, je vais essayer de faire le mieux possible », et j’ai pas mal respiré aussi, parce que je savais que c’était possible de gagner. Il y avait pas mal de pression. Je pense que la respiration m’a bien aidée, et aussi de me parler positivement.

Le play-off, l’aborde-t-on différemment d’un tournoi classique ?
Je dirais que c’est un peu différent, parce que le play-off, c’est un trou, si tu fais un bogey, c’est fini, alors que sur 18 trous, si tu fais un bogey, ce n’est pas grave, tu peux passer au suivant, tu essaies de faire birdie. C’est plus un marathon, alors qu’un play-off, c’est vraiment comme un sprint. Je pense que c’est un peu différent, surtout si l’autre joueuse est en bonne position, donc oui je dirais que c’est un peu différent, et on attaque un peu plus souvent.

Sur votre jeu, qu’est-ce qui a été le plus solide cette semaine ?
Le putter, il a mis pas mal de putts.

Vous l’avez particulièrement travaillé, ou est-ce le fruit d’un travail régulier ?
Je pense que c’est le fruit d’un long travail et le putting, c’est surtout mental, de la visualisation, si on sent bien les greens, si on voit les bonnes pentes, il faut être bien relâchée. On l’a toujours travaillé, ça s’est mis en place cette saison. On n’a pas fait que du travail sur ça, on a surtout pas mal travaillé le grand jeu pour qu’après, ça soit plus facile de jouer. Le putting, il est venu au bon moment, je suis contente.

Vous êtes en tête du Tour européen. Est-ce un objectif de conserver cette place ?
Je ne me donne pas vraiment d’objectif, j’essaie juste de faire « shot by shot », tournoi par tournoi, et après j’additionnerai à la fin, on verra à ce moment-là.

Concrètement, que change le fait d’avoir gagné deux fois en si peu de temps dans votre façon d’aborder la suite de la saison ?
Ça ne change pas grand-chose, peut-être que je rentrerai plus dans des tournois, mais sinon ça ne change pas énormément.

Vous vous sentez plus forte que jamais ? 
Non, le golf c’est difficile. Ce n’est pas un sport où on peut être forte toute une saison, c’est un peu « up and down ». Donc je ne me sens pas particulièrement forte. »