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Alors que le poulet crousty s’installe comme une nouvelle tendance en France, les enseignes se multiplient à Toulouse. Comment expliquer cette nouvelle tendance et quels sont les risques pour la santé ? Focus.

Créé à Bordeaux par deux beaux-frères passionnés de cuisine asiatique, le poulet crousty – dérivé du traditionnel chicken katsu – a rapidement pris une ampleur inattendue. Popularisé par des enseignes comme Tasty Crousty, il s’impose aujourd’hui comme le nouveau « tacos » ou « burger » de 2026. Dans l’hypercentre de Toulouse, la tendance séduit et les ouvertures s’enchaînent. Focus.

Quatre ouvertures à Toulouse

So Crousty, ouvert à l’été 2024 rue Saint-Rome ; Crousty Game, lancé en avril 2026 rue du Taur ; mais aussi Krousty Sabaïdi, attendu rue de la Pomme, ou encore Tasty Crousty, qui s’apprête à lever le rideau rue du Taur… À Toulouse, la folie du poulet crousty s’impose et s’accélère.

Le concept est simple : des enseignes centrées sur un produit unique, proposant des portions généreuses de poulet katsu revisité à la française. Au menu : une base de riz, du poulet frit et une sauce. Une formule qui redéfinit les codes du fast-food traditionnel.

Générosité, budget maîtrisé et communication

Si le succès est au rendez-vous, notamment auprès des jeunes, c’est en grande partie grâce à son rapport qualité-prix, explique Lucas Janati, entrepreneur dans le milieu du poulet crousty : « Manger pour moins de 10 euros et être pleinement rassasié, aujourd’hui, c’est un défi. Avec des barquettes de 750 grammes, dont environ 350 grammes de riz, accompagnées de poulet et de sauce – une véritable bombe de saveurs – le tout pour 9 euros, ça fonctionne. »

À cela s’ajoute une stratégie de communication efficace sur les réseaux sociaux. « Les opérations promotionnelles lors des ouvertures et la visibilité en ligne jouent un rôle majeur. Des centaines de crousty offerts, des trottinettes à gagner… Ça marche, et les marques l’ont bien compris », poursuit-il. Autant de facteurs qui expliquent l’essor rapide de cette tendance.

« Le nouveau tacos »

Mais le phénomène va plus loin. Les professionnels y voient déjà une tendance durable. « On peut comparer le crousty au tacos : c’est aussi un produit créé en France, qui a été propulsé très rapidement. Si l’on observe le marché, on constate que, pour la première fois, les ventes de burgers ont chuté de 30 %, tandis que celles du crousty progressent », souligne Lucas Janati.

Une évolution à mettre en parallèle avec la multiplication des enseignes spécialisées, face aux chaînes de fast-food traditionnelles. Le crousty semble provoquer un véritable raz-de-marée.

Une nouvelle tendance… jusqu’à quel point ?

Si le concept séduit, certains professionnels de santé appellent toutefois à la vigilance. « D’un point de vue diététique, on observe que des jeunes consomment d’énormes portions en une seule fois. Ces plats sont pauvres en fibres, mais riches en glucides, notamment à cause du riz très cuit, qui fait rapidement grimper la glycémie, ainsi qu’en lipides et en acides gras saturés, ce qui peut favoriser les maladies cardiovasculaires », explique Anne-Sophie Campagne, diététicienne à l’hôpital des Enfants de Toulouse.

Elle rappelle que la portion recommandée de riz pour un adolescent est d’environ 200 grammes pour un garçon, et plutôt 150 grammes pour une fille, bien loin des 350 grammes proposés dans ces barquettes. À long terme, une consommation excessive pourrait favoriser des problèmes comme l’obésité, notamment chez les plus jeunes.

« Il ne faut toutefois pas diaboliser ce type de fast-food. Comme tout, consommé de manière occasionnelle et intégré dans une alimentation équilibrée, il reste possible de se faire plaisir », conclut la spécialiste.