Monde

Dans certaines régions d’Allemagne, les étrangers représentent la moitié des mis en cause, révèle le quotidien Die Welt.

Publié le 22 avril 2026 à 8h00

Les étrangers représentent environ la moitié des suspects dans certaines régions allemandes Photo © Michael Kuenne/PRESSCOV/Sipa USA/SIPA

Les étrangers représentent environ la moitié des suspects dans certaines régions allemandes Photo © Michael Kuenne/PRESSCOV/Sipa USA/SIPA

Plus d’une décennie après l’ouverture massive de l’Allemagne aux flux migratoires (suite au conflit syrien en 2015), les conséquences de l’immigration continuent d’agiter la société allemande. Une enquête sur le sujet, publiée par Die Welt, l’un des trois plus grands quotidiens d’Allemagne, marque un nouveau tournant. Chiffres à l’appui, elle montre la surreprésentation des étrangers dans les infractions violentes.

A LIRE Allemagne : une nouvelle loi impose aux hommes de 17 à 45 ans d’obtenir une autorisation de l’armée pour partir à l’étranger plus de trois mois

Selon les données recueillies dans les différents Länder, les étrangers représentent environ la moitié des suspects dans des régions comme la Bavière, Berlin ou encore le Bade-Wurtemberg, alors qu’ils ne constituent que 15% de la population allemande. Alors, le ministre de l’Intérieur, Joachim Herrmann, souligne «un lien évident» entre la criminalité et «l’immigration massive de ces dernières années», dans les colonnes de Welt am Sonntag, la version dominicale de Die Welt. «Quiconque n’a pas de droit de séjour, commet des infractions ou rejette nos valeurs doit quitter notre pays», ajoute le ministre bavarois. Dans sa région, en Bavière, le taux de mise en cause des suspects non allemands pour les délits violents est quatre fois supérieur à celui des Allemands.

Des écarts particulièrement élevés selon les nationalités

Les chiffres issus de l’Office fédéral de la police criminelle allemande montrent des écarts importants selon les nationalités. En Bavière, les Syriens sont 16 fois plus représentés que les Allemands parmi les suspects de crimes violents, les Afghans 14 fois plus représentés et les Turcs 4 fois plus. Des tendances également observées dans le reste du pays.

Dans ce contexte, le chancelier allemand, Friedrich Merz s’était engagé, le 30 mars dernier, aux côtés du président syrien Ahmed al-Chareh, à renvoyer 80% des Syriens réfugiés en Allemagne.

Les femmes étrangères aussi présentes dans la délinquance 

Autre élément notable : la surreprésentation ne concerne pas uniquement les hommes. À Berlin, les chiffres montrent que 539 femmes syriennes et 569 Afghanes ont été mises en cause pour des faits de violence, contre 387 suspects allemands masculins.

En 2025, la criminalité violente a reculé d’environ 2% en Allemagne par rapport à l’année record de 2024. Une année marquée par la forte baisse de l’immigration illégale, avec 62.526 entrées contre plus de 83 000 en 2024, et plus de 127 000 en 2023. La parenthèse politique des frontières ouvertes, commencée en 2015, touche à sa fin en Allemagne. 

A LIRE Allemagne : Friedrich Merz fait scandale en évoquant le retour de « 80 % des Syriens » sur trois ans