Glen Wilson/Lionsgate / Glen Wilson/Lionsgate
Jaafar Jackson, ici dans « Michael ».
Chaussettes blanches remontées, mocassins vernis aux pieds… Ça ne fait plus de doute : le roi de la pop est de retour. Enfin, presque. Reporté à plusieurs reprises, Michael, le biopic à la fabrication des plus controversées sur le feu interprète de Billie Jean, sort dans les salles, ce mercredi 22 avril. C’était la peine d’attendre ? On en doute.
L’histoire nous cueille en 1966. Le petit Michael n’a que 8 ans, mais déjà l’étoffe d’une star. Son père Joseph, bien conscient du talent pour la musique de ses cinq fils, a trouvé un filon pour sortir la famille de sa galère : un groupe, les Jackson Five. La mayonnaise prend, en partie grâce au timbre du leader haut comme trois pommes.
Très vite, les cinq gamins n’ont d’autre choix que d’abandonner leur insouciance, mais aussi l’école. Et s’ils ne veulent pas ? Gare aux coups de ceinture du paternel. Violent, leur manager autoproclamé va tout faire pour garder un contrôle absolu sur la carrière et les recettes de sa progéniture contre leur gré, au fil du temps.
Un biopic mièvre et indigeste
Du moins, jusqu’à la rupture nette avec le « petit » dernier, dans les années 80. Entre-temps, Michael est devenu une superstar et a sorti deux disques en solo, dont le deuxième (Thriller) est en 1984 l’album le plus vendu de l’histoire. Pour lui, c’en est trop. Son père doit sortir de sa vie, une bonne fois pour toutes.
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Le projet initial de ce récit d’émancipation est louable. Le résultat, moins. Malgré les quelques touches d’humour sur l’absence d’amis ou la proximité avec les animaux de son héros, ainsi que son très attachant jeune interprète, le biopic s’avère non seulement mièvre, mais aussi indigeste pour les oreilles à vouloir caser tous les tubes.
Paris Jackson disait vrai, donc. En septembre 2025, la fille de l’artiste décédé en 2009 s’était exprimée sur Instagram pour alerter les fans sur les inexactitudes du scénario, des choses sur lesquelles la production ne comptait pas revenir. Pour elle, le film s’adresse à une catégorie de personnes qui « vivent encore dans le fantasme » de leur idole.
La famille Jackson aux manettes
Avant la it-girl, c’est le réalisateur de Leaving Neverland (documentaire choc sur les accusations de pédocriminalité visant Michael Jackson) qui avait condamné le projet. Après avoir lu une ébauche, il avait qualifié celui-ci de « blanchiment total » de la vie du chanteur, « une tentative flagrante de réécrire complètement les allégations ».
Rien du sujet ô combien polémique n’est abordé, ici. Le long-métrage s’arrête en 1988 lors d’un concert à Londres, cinq ans avant la première plainte déposée contre lui par un ado du nom de Jordan Chandler. L’affaire a été classée en 1994 suite à un accord financier. Idem pour celle de 2005, qui avait donné lieu à un procès duquel Michael Jackson est sorti acquitté.
Courtesy of Lionsgate / Courtesy of Lionsgate
Colman Domingo, ici dans le rôle du père de Michael Jackson.
Bien des scènes, liées de près ou de loin à ces accusations, auraient en réalité été abandonnées au montage. La raison avancée : une clause dans l’accord conclu avec le premier plaignant interdirait toute mention ou représentation de celui-ci dans une œuvre de fiction, d’après un proche du dossier interrogé par Variety.
De là à faire l’impasse sur l’ensemble des affaires ? Le problème aurait en tout cas poussé les équipes à réécrire la fin, clame la production, constituée principalement des exécuteurs testamentaires de MJ, John McClain et John Branca. Tous ses frères et sœurs encore vivants sont au générique en tant que producteurs exécutifs, et le rôle principal, lui, a été confié à Jaafar Jackson, son neveu.
L’ombre de Neverland
Sans aspérité, Michael se contente de toucher du doigt certains aspects de la vie de l’artiste, dont son apparence, sans jamais pouvoir démêler le vrai du faux. Il aurait subi sa première rhinoplastie pour remédier à son « gros nez », une moquerie venant de son père. Il est aussi brièvement question du vitiligo, affection cutanée à l’origine de sa dépigmentation.
Le chanteur, lui, est dépeint comme un grand enfant, seul au milieu de ses jouets à devoir jouer à Twister avec l’un de ses animaux de compagnie, un chimpanzé. En mal d’estime de soi, il ne peut compter que sur lui pour se rebooster. « Tu es grand, tu es fort, tu es magnifique. Tu es le meilleur », se répète-t-il.
Jaafar Jackson, ici dans « Michael ».
Mais surtout, MJ a le cœur débordant d’amour. Petit père du peuple, il accourt dès qu’il peut au chevet des enfants malades. Il passe du temps avec eux, les couvre de cadeaux ou leur fait la lecture de ses histoires préférées, dont Peter Pan de J. M. Barrie. L’ombre de Neverland, son ranch trois fois perquisitionné par les autorités, plane tout du long.
Dérangeant, d’autant plus que ce n’est peut-être pas fini. « L’histoire continue », nous dit un panneau à la fin du film, alimentant la rumeur d’un deuxième volet avancée par l’un de ses producteurs, Graham King. Nous, on ne se battra pas pour le prochain concert.