Posted On 22 avril 2026
Le théâtre municipal s’est déplacé ce lundi matin sur la place Saint-Bruno. Sous l’œil des caméras, des élus de la majorité de Laurence Ruffin ont orchestré une « opération propreté » à grand renfort de discours lénifiants.
UNE MISE EN SCÈNE POUR FAIRE OUBLIER L’ÉCHEC
Loin de traiter le mal profond qui ronge ce quartier emblématique de Grenoble, ces élus ont préféré la mise en scène cosmétique, effaçant quelques tags et ramassant trois détritus devant les journalistes. Cette gesticulation médiatique, censée préfigurer un hypothétique « projet de réaménagement global », n’est qu’un rideau de fumée destiné à masquer l’incapacité chronique de la mairie à rétablir l’ordre et la salubrité.
le Dauphiné consacre un article à une nouvelle opération de comm de Ruffin
LE RECYCLAGE DES RESPONSABLES DU NAUFRAGE
Pour mener cette mascarade, on retrouvait en première ligne Gilles Namur, l’adjoint déjà en charge de l’espace public lors du précédent mandat avec Piolle. Le voir aujourd’hui faire le point sur la malpropreté de la ville est une insulte à l’intelligence des Grenoblois. Namur est l’homme qui a théorisé que « la propreté est une vision subjective », pour justifier le délabrement de nos rues. En le reconduisant à ce poste, Laurence Ruffin confirme qu’elle n’a aucune intention de changer de logiciel.
LE VERBIAGE IMPUISSANT D’ANTOINE BACK…
La présence d’Antoine Back, adjoint chargé du « secteur 1, prospective, adaptation climatique et résilience territoriale » qui n’a jamais réalisé quoi que ce soit de concret mais coûte cher à la collectivité, enterre également toute la crédibilité de l’opération. Celui-ci estime que ce n’est pas la saleté le problème : dans son style verbeux, il conclut que c’est « la structure des lieux » qui fait que c’est « compliqué de maintenir une propreté et une identité (?) dans cet espace » !
Gilles Namur et Antoine Back, adjoints de premier plan du mandat précédent, envoyés au feu par Laurence Ruffin comme si les mêmes responsables de l’échec allaient faire différemment et mieux aujourd’hui !
… QUI DÉCOUVRE LE PROBLÈME APRÈS 12 ANS !
Mais heureusement, il est « présent aux côtés des services de la propreté urbaine pour constater avec eux les difficultés auxquelles ils font face ». Il est vrai que ça ne fait que 12 ans qu’il est élu dans la majorité municipale, d’abord avec Piolle puis avec Ruffin qui le gratifie d’une délégation renforcée. Il a fallu le temps que ça monte au cerveau : il découvre qu’il y a un problème de propreté de la ville après tout ce temps.
BACK ET NAMUR SE PERDENT DANS LEURS CONTRADICTIONS
Sur le terrain de la sécurité, le discours de Back est tout aussi foireux. Ce dernier explique tranquillement que « l’on ne règle pas des problèmes sociétaux par de l’aménagement urbain »… pendant que son collègue Gilles Namur tient un discours contradictoire puisque lui n’a que le réaménagement de la place Saint-Bruno à la bouche. Bien qu’il n’ait « pas d’idée arrêtée sur ce qu’il faudrait faire ».. Là encore, après deux mandats, ils découvrent le sujet. On avance.
LA NULLITÉ MUNICIPALE ILLUSTRÉE PAR LE PASSAGE DU MARCHÉ
L’exemple du passage du marché à Saint-Bruno est éclairant sur cet amateurisme municipal et cette incapacité chronique à traiter les problèmes. Plaque tournante du trafic de stupéfiants, la problématique des lieux est connue de tous, habitants comme services de la ville. En 2024, la municipalité avait d’abord promis sa fermeture pour couper les flux des trafiquants, avant de battre en retraite lamentablement en invoquant des « problèmes administratifs ».
LA TARTUFFERIE DES ÉLUS « DÉMUNIS »
L’article du Dauphiné relate en outre le discours d’abandon municipal habituel avec des élus Ruffinesques qui expliquent qu’ils sont « démunis sans moyen ». On retrouve la signature historique du système Piolle : exiger l’aide de l’État, tout en refusant d’activer des moyens qu’ils ont bel et bien : armer la police municipale, déployer un véritable réseau de caméras, expulser les dealers condamnés des logements sociaux…
LES 7 CAMÉRAS DEMANDÉES PAR LA POLICE TOUJOURS REFUSÉES
Bien sûr ni Back, ni Namur n’avancent quoi que ce soit de neuf que ce déni en matière de sécurité. Pour le secteur Saint-Bruno, la police nationale avait fait la demande très spécifique de disposer de 7 caméras de vidéoprotection pour perturber les dealers. La majorité Piolle avait refusé il y a quelques mois et on comprend que Ruffin persistera dans la même veine. Les discours sur la « coopération » et les petites opérations de communication ne tromperont pas bien longtemps.
Le rapport de la police sur la place St-Bruno : Piolle en avait pondu une délibération de pures intentions sans en suivre les préconisations, Ruffin fait la même chose. Beaucoup d’air brassé..
LA MÊME ÉQUIPE NE POURRA PAS AMÉLIORER LA VILLE
Car cette « opération propreté » n’est qu’un gadget pour tenter de calmer une colère légitime des habitants, qui n’entrainera aucune amélioration durable puisque ces élus sont incapables de remettre en question les causes systémiques de l’effondrement de Grenoble dont ils sont les coresponsables. Le duo Back/Namur le montre bien : avec la même équipe que Piolle aux manettes, la situation ne peut qu’aller vers le pire.