Depuis 39 ans, il met ses compétences et son expérience au service des chercheurs. Stéphane Foulon, artisan-verrier, fabrique des pièces uniques et sur mesure pour les chimistes du CNRS de Toulouse (Haute-Garonne). Dans son atelier de l’Institut de Chimie, il est le seul souffleur de verre scientifique installé dans la Ville rose. Pour fournir du matériel à ses 350 chercheurs et étudiants, le CNRS estime qu’il est plus intéressant de produire ses appareils en verre en interne plutôt que de faire appel à un prestataire.

Alors que les traditionnels souffleurs à la canne font leur mélange ou achètent des lingots de verre qu’ils fondent dans des fours et recueillent avec un féret, Stéphane Foulon travaille du verre industriel à la chaleur de la flamme du chalumeau.

« Ce sont deux techniques vraiment très différentes, assure l’artisan-verrier de 57 ans. J’utilise du verre pyrex, qui résiste bien au choc thermique et aux attaques chimiques, qui est transparent et a un faible coefficient de dilatation. Les doctorants et enseignants-chercheurs qui me demandent des appareils spécifiques pour leurs travaux m’indiquent leurs contraintes sur la température, la pression ou l’environnement. »

« Il faut environ sept ans pour être autonome »

Le geste de Stéphane Foulon, équipé de lunettes de protection, est expérimenté, précis pour chauffer la matière régulièrement dans la flamme, en changeant son profil selon le travail, et pour tourner le verre afin de fabriquer un ballon tricol ou une rampe à vide. Ce professionnel connaît également parfaitement les propriétés des matériaux.

Le quinquagénaire a appris son métier au lycée Dorian à Paris où il a obtenu en 1988 son brevet de technicien de souffleur de verre. Après avoir travaillé plusieurs années en entreprise, il est embauché au CNRS de Montpellier puis à Toulouse en 2008. S’il ne cache pas la nécessité d’acquérir de l’expérience pour pratiquer ce métier, l’artisan-verrier estime qu’il ouvre à un panel de carrière.

« Je pense qu’il faut environ sept ans pour être autonome, un peu comme un musicien qui fait ses gammes, compare-t-il. Mais une fois qu’on a maîtrisé ces techniques, ce métier peut s’opérer dans différents secteurs d’activité comme l’industrie ou l’art », conclut Stéphane Foulon.