Après avoir évoqué un « contre-choc fiscal », le 16 avril dernier à l’occasion du lancement de la saison estivale, Éric Ciotti a précisé ce 23 avril, depuis le port de Nice et en amont du Conseil municipal de Nice et du Conseil métropolitain programmés demain, la mise en oeuvre concrète de ses mesures d’économies. Pour celui qui est aussi président de la Métropole Nice Côte d’Azur, la baisse fiscale repose sur trois piliers. Le principal concerne la taxe foncière, ramenée de 35,3 % à 30,9 %, soit une baisse de 4,4 points et 33,2 millions d’euros d’allègement. S’y ajoute la taxe sur les ordures ménagères, réduite d’un point (de 10,46 à 9,46), générant 10,8 millions d’euros d’économies. Enfin, la taxe d’habitation sur les résidences secondaires est mécaniquement abaissée de 25,15 à 21,82, soit 3,3 points de moins et 7,4 millions d’euros restitués. « Si on additionne […], on a une baisse globale de 5,4 points et on revient au taux […] de 2023 », souligne l’élu. Une manière, selon lui, de « promouvoir l’attractivité de la ville et soutenir également le marché de l’immobilier ». « C’est trois baisses, deux qui dépendent du conseil municipal et une du conseil métropolitain, vont permettre de rendre aux Niçois très exactement 51.400.000€ ».
« Passer à un régime plus sec »
Pour financer ces baisses, la cure d’austérité annoncée est à la hauteur de 60 millions d’euros d’économies dès la première année, avec un objectif de plus de 400 millions sur la mandature. Le premier axe ? Le train de vie politique. Suppression des frais de représentation (33.700 euros en 2025), fin de la sécurité personnelle du maire (240.000 euros), réduction drastique du parc automobile avec la vente de 25 véhicules et division par deux des voitures affectées aux élus. Les frais de déplacement sont également divisés par deux (objectif de 50.000 euros d’économie). « Nous allons aussi supprimer l’accès gratuit pour les élus au parking Corvesy », insiste Éric Ciotti.
Les voitures mises en vente.
La masse salariale et les dépenses de fonctionnement ne sont pas oubliées par l’ancien questeur de l’Assemblée nationale. Le viseur est braqué sur les « 100 plus hauts traitements » et les indemnités, avec une baisse globale d’environ un quart, soit un million d’euros, pour les élus. « Pour mémoire, nous avons recensé 12 millions d’euros d’indemnités de vacations. J’ai découvert que des anciens élus avaient près de 50.000 euros de vacations. Nous allons regarder le niveau des rémunérations des 100 plus hauts traitements qui emportent 14 millions d’euros de rémunération », assure le maire. Les frais d’avocats, jugés « pharaoniques », doivent être réduits de 1,2 million d’euros. Même logique pour les dépenses de réception (2,7 millions d’euros en 2025), promises à être divisées par deux. La communication n’échappe pas à la règle avec un budget coupé de moitié, suppression du magazine municipal (600.000 euros d’économie), et recours limité aux cabinets de conseil, dont les dépenses qui atteignaient 3,6 millions d’euros doivent être divisées par deux. La fermeture du bureau parisien de la métropole doit également générer 600.000 euros d’économies.
Olivier Breuilly, délégué aux finances, et Éric Ciotti.
« Nous avons la conviction, même la certitude que nous construisons, que nous investissons, que nous commandons trop cher », annonce le président de l’Union des droites pour la république. Un « cost-killer » doit ainsi être recruté pour optimiser les marchés et générer 20 millions d’euros d’économies, soit environ 5% des 400 millions d’investissements cumulés ville-métropole. L’objectif est clair : réduire les coûts, limiter les avenants (« 10.600.000 euros récemment, notamment pour accélérer la réalisation de la saison 2 de la Coulée Verte ou le prolongement de la voie Pierre Mathis ») et revoir les procédures jugées inefficaces, notamment les marchés à bons de commande pour une économie totale de « l’ordre de 12 millions d’euros ».
Enfin, le plan s’étend aux grands projets et événements. Plusieurs manifestations sont purement annulées en raison de la concurrence avec des événements départementaux ou d’une mobilisation trop importante des forces de l’ordre. C’est le cas des championnats du monde l’Ironman (1,6 million d’euros), l’Ultratrail (650.000 euros), ou encore l’International Métropole Pétanque (600.000 euros au total). D’autres sont revues à la baisse, comme le Nice Jazz Fest, avec 800.000 euros d’économies visées. Côté investissements, certains projets sont suspendus ou réorientés, à l’image du gigacentre de nettoiement à Pont-Michel ou du projet de théâtre au Palais des Expositions. « J’espère que le Palais des Expositions accueillera une épreuve des Jeux Olympiques de hockey dans cet espace, si tout va bien », précise le maire. Au global, le dispositif revendique un équilibre : 60 millions d’euros d’économies pour financer 51,4 millions de baisse d’impôts.