Deux CRS en déplacement à Nice ont été placés en garde à vue mercredi pour « violences aggravées et vol aggravé » à la suite de la diffusion de cette vidéo a annoncé le procureur Damien Martinelli.
Le parquet explique que les deux fonctionnaires de police, affectés dans une compagnie de CRS en déplacement à Nice et nés en 1998 et 1999, se sont présentés mercredi aux services de police avec leur hiérarchie avant d’être placés en garde à vue.
Nice-Matin a rencontré ce jeudi la victime de cette violente agression à sa sortie de l’hôpital pour passer des examens médicaux.
« J’ai des bleus sur tout le corps »
Le visage marqué, mais la voix déterminée, le jeune homme sort tout juste du CHU de Nice. Ce jeudi matin, Sabri, 22 ans, avait rendez-vous pour faire constater l’étendue de ses blessures. « J’ai des bleus, des ouvertures partout sur le corps, au dos, aux genoux, aux bras… », énumère-t-il. Il affirme que ses agresseurs lui ont arraché des poignées de cheveux alors qu’il était maintenu au sol.
Après une soirée entre amis, le jeune homme est déposé en bas de chez lui. Admettant être sous l’emprise de l’alcool, il décide de s’installer quelques instants dans son camion, stationné devant son immeuble, pour « dessoûler » avant de monter chez lui.
Alors qu’il est au téléphone et en pleine altercation verbale avec son interlocuteur, il croise deux hommes. « Ils ont cru que je les insultais, alors que je parlais au téléphone. Eux aussi semblaient ivres », explique-t-il. Malgré ses tentatives d’explication, la situation s’envenime. Seul face à deux individus, il tente de s’enfuir. C’est à ce moment qu’il est rattrapé, plaqué contre une voiture, puis jeté au sol.
« Ils m’auraient laissé pour mort »
Le passage à tabac commence. La victime appelle au secours, espérant l’intervention de la police. C’est alors que ses agresseurs lui affirment être eux-mêmes policiers.
« Ce qui me choque le plus, c’est que ce sont des CRS. En bas de chez moi, là où je me pensais en sécurité », confie-t-il, encore incrédule. Il affirme également avoir été victime de vol durant l’agression. Pour lui, l’issue aurait pu être fatale : « Si ça s’était passé à l’intérieur de l’immeuble, sans témoin, ils m’auraient laissé pour mort. »